Réalisateur : Taylor Sheridan

Sortie : 2017

Nationalité : américain

Genre : thriller

Synopsis : Cory Lambert est pisteur dans la réserve indienne de Wind River, perdue dans l’immensité sauvage du Wyoming. Lorsqu’il découvre le corps d’une femme en pleine nature, le FBI envoie une jeune recrue élucider ce meurtre. Fortement lié à la communauté amérindienne, il va l’aider à mener l’enquête dans ce milieu hostile, ravagé par la violence et l’isolement, où la loi des hommes s’estompe face à celle impitoyable de la nature…

 

 

À la seconde où j'ai entendu les violons grimaçants de la bande originale, j'ai compris que Taylor Sheridan avait fait appel aux mêmes compositeurs que pour le film Comancheria (réalisé par David Mackenzie), à savoir Nick Cave et Warren Ellis. Ça n'a pas été pour me déplaire, parce que ce duo de compositeurs m'avait beaucoup marqué sur ce dernier film. Pour Wind River, il y a quelques nuances musicales, mais globalement c'est la même chose. Une chose qu'on retient pourtant, ce sont les gémissements glaçants qu'on peut entendre sur le titre « Tell Me What That Is », par exemple. Il y avait aussi ce genre de chœur dans la bande son de Comancheria, mais il faisait tout de même beaucoup moins froid dans le dos...

 

Bref, je suis allée voir le dernier film de Taylor Sheridan, parce que lui et moi, on est très copain. J'ai l'impression que ses histoires ont rempli un vide dans mon cœur dont je n'avais même pas conscience. Il s'y est installé grâce à la simplicité de ses scénarios, qui ne m'ont jamais trahi... et à leur lointaine odeur de western. Sheridan raconte des histoires violentes, qui ont des fins violentes, dans des contextes violents. Des histoires de limites comme il y en a des tas, avec le Bon et le Mauvais qui se cherchent, et qui se retrouvent souvent à cohabiter pour arriver à une fin harmonieuse. Sheridan fait des histoires qui ne vont pas te faire dire : « ah mais le tueur, c'était lui depuis tout ce temps ! ». Chaque chose à un sens, un sens de cow-boy, et la morale vient à tous les coups frapper comme une sentence inévitable. Pourtant, Sheridan me surprend à chaque fois. Parce qu'à chaque fois, j'ai été scotchée sur mon siège, et parce qu'à chaque fois j'avais les jambes qui tremblaient en sortant de la salle.

 

Je n'ai pas beaucoup de recul concernant ce film. Taylor Sheridan parle à mon âme et à tous mes sens en même temps, et je n'arrive pas à comprendre comment il fait : en deux minutes, il me fait admettre son univers comme si j'y avais vécu toute ma vie. C'est extrêmement troublant. Pourtant je sais que Wind River n'est pas le film du siècle, je sais que la mise en scène, bien que sans faute particulière, ne transcende pas complètement, et que j'aurais aimé voir le Wyoming enneigé dans toute sa splendeur. Mais j'ai toujours trouvé ses personnages très humains, et surtout très faillibles (dans le sens physique du terme : on sent qu'ils peuvent mourir, et c'est là une grande différence face à une grande majorité de films en ce moment).

 

Dans quelques jours, je vais oublier ce film et ses chevaux/motoneiges, je vais oublier Jeremy Renner, et que Elizabeth Olsen s'appelle « Banner » dans le film, et qu'il y a Jon « Punisher » Bernthal au casting. Je vais oublier ces voix terrifiantes dans la bande son, et ces pauvres loups, la neige et le sang. Mais Taylor Sheridan a toujours toute mon attention pour la suite de sa carrière, ça c'est certain.

 

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