Réalisateur : Michel Hazanavicius

Genre : comédie, biopic, romance, drame

Année : 2017

Nationalité : français

Synopsis : Paris 1967. Jean-Luc Godard, le cinéaste le plus en vue de sa génération, tourne La Chinoise avec la femme qu'il aime, Anne Wiazemsky, de 20 ans sa cadette. Ils sont heureux, amoureux, séduisants, ils se marient. Mais la réception du film à sa sortie enclenche chez Jean-Luc une remise en question profonde.
Mai 68 va amplifier le processus, et la crise que traverse Jean-Luc va le transformer profondément passant de cinéaste star en artiste maoiste hors système aussi incompris qu'incompréhensible.

 

Pas vraiment une grande fan de Jean-Luc Godard, je me suis pourtant attelée à la lecture de « Une année studieuse », suivi par « Un an après », écrit par Anne Wiazemsky. Puisque Le Redoutable est basé sur ces des livres autobiographiques, j'avais l'espoir un peu fou que j'apprendrai à mieux connaître (et apprécier) Godard, au travers du regard d'une personne qui en a été amoureuse. Bon, c'est clairement un échec : Anne Wiazemsky ne dresse pas un portrait hyper flatteur de son ex-mari, même si on devine clairement pourquoi elle l'a aimé.

 

Le Redoutable a provoqué trois choses chez moi. Premièrement, sans surprise, je considère toujours Godard comme un vieux con. Un vieux con extrêmement talentueux et important pour l'Histoire du Cinéma, mais un vieux con tout de même. Deuxièmement, je me suis réconciliée avec l'image que j'avais d'Anne Wiazemsky dans ses livres, grâce à l'interprétation de Stacy Martin. J'avais cette impression d'être en face d'une femme très naïve, qui se voilait un peu trop la face après s'être mariée à 19 ans, et avoir eu un mari qui avait tendance à (bien trop) vouloir la contrôler. Mais Stacy Martin m'a fait comprendre que je connaissais mal cette femme : Anne est une romantique et une féministe, et ces deux facettes de sa personnalité sont entrées en contradiction pendant son mariage avec Jean-Luc Godard. J'ai mieux compris ses réactions, même les plus naïves, et ça m'a aidé à mieux l'apprécier, elle.

 

Et dernièrement, Le Redoutable m'a fait hurlé de rire. Pas littéralement, parce que la salle de cinéma n'était pas aussi réceptive que je l'aurais voulu. Mais intérieurement, je n'en pouvais plus. Godard est un personnage naturellement hilarant, parce que non-conventionnel. Mais il est aussi drôle peut être particulièrement stupide, parfois. Mais ce n'est pas tout : Michel Hazanavicius n'est pas en reste, évidemment. Il a fait un film coloré, et un hommage criant au cinéma de Godard, tout en singeant l'homme qu'il est devenu à cette époque. C'est brillamment drôle, et j'ai apprécié le fait que l'on puisse voir ce film sans se casser la tête dessus. Le Redoutable n'est pas une thèse sur Godard. Et c'est parfait comme ça.

 

Je vais terminer cette critique sur le sujet épineux de Louis Garrel, l'interprète de Godard. J'ai vu son film Les Deux amis (avec Goshifteh Farahani et Vincent Macaigne), qui m'a donné envie de vomir spasmodiquement tellement c'était prétentieux et égocentrique. J'ai aussi vu Louis Garrel en interview, et je l'ai trouvé... (attention surprise) prétentieux et égocentrique ! Mais je l'ai vu dans Saint Laurent, et l'un dans l'autre, je trouve qu'il était l'acteur parfait pour jouer le rôle de Godard. Louis Garrel est un très bon acteur, je dois lui reconnaître ça.

 

Maintenant, il y a une anecdote du livre (« Un an après ») que j'ai trouvé assez ironique en la lisant : c'est en voyant le premier film de Philippe Garrel (Marie pour mémoire) que Godard a déclaré ne plus vouloir faire de films. C'est ironique de savoir que c'est le propre fils de Philippe Garrel qui a interprété Godard à l'écran...

 

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