Réalisateur : Juan Antonio Bayona

Sortie : 2017

Genre : fantastique, drame

Nationalité : américain, espagnol...

Synopsis : Conor a de plus en plus de difficultés à faire face à la maladie de sa mère, à l’intimidation de ses camarades et à la fermeté de sa grand-mère. Chaque nuit, pour fuir son quotidien, il s’échappe dans un monde imaginaire peuplé de créatures extraordinaires. Mais c’est pourtant là qu’il va apprendre le courage, la valeur du chagrin et surtout affronter la vérité…

 

Spoilers.

 

Dans le rayon des films lacrymaux, celui-ci se pose là. Il faut préparer les mouchoirs, même si dans les dix premières minutes, on se demande ce que ce film a de si exceptionnel. Et c'est vrai qu'au début, j'avais l'impression de voir un film vaguement Spielbergien, avec un situation de départ assez simple, et vraiment peu de surprise côté scénario. On a reproché au réalisateur de The Impossible de faire dans le mélo et de sublimer les catastrophes. Mais si c'est visiblement le terrain de prédilection de J.A. Bayona, et que c'est ce qu'il sait faire de mieux (et avec les résultats qui vont avec), moi je ne vais pas cracher dans la soupe. Très bonne, la soupe.

 

J'ai vu un film sublime, qui a eu un peu de mal à m'avoir au début, mais qui m'a condamné dès les premières images de la première histoire de l'arbre. En effet à partir de ce moment, chaque récit du monstre est réalisé en animation, et moi, contre ça, je ne peux pas lutter : je cède dès l'instant où les techniques de filmage sont mélangées, et que ce mélange a un sens dans l'histoire (c'est le cas du Garçon et le monde, par exemple).

 

Ensuite il y a le scénario en lui-même, qui révèle peu à peu le cœur tendre du film. Le message est ordinaire : c'est l'histoire d'un petit garçon qui doit faire le deuil de sa maman, atteinte du cancer (bien que le mot « cancer » ne soit jamais prononcé, ce qui est une bonne chose : l'histoire est du point de vue d'un enfant, et c'est crédible). L'histoire révèle une foule de symboles plus ou moins visibles, et tous importants. Mon préféré étant la voix du monstre, interprétée par l'acteur Liam Neeson : si on regarde attentivement les photos de famille, on voit la tête de Liam de temps en temps, car il est aussi censé interpréter le grand-père décédé. Le symbole est donc ce grand-père qui revient de l’au-delà afin de raconter des histoires à son petit-fils, et l'aider à mieux appréhender la mort de sa mère.

 

Quelques minutes après minuit, dont le titre espagnol (Un monstruo viene a verme) et anglais (A monster calls) n'a rien à voir, est un film-conte très beau, autant au niveau des effets spéciaux, de l'animation, que du scénario. J'ai aimé le traitement du passage (vie → mort, réalité → fiction, enfant → adulte), mais aussi et surtout, le fait qu'il n'y a aucun gentil ou méchant manichéen. C'est la trace des grands scénarios, tout le monde s'accorde pour le dire (en tout cas les voix dans ma tête le sont, alors c'est le principal...).

 

edit du 03/09/2017 : J'ai lu le livre de Patrick Ness. Je pensais que ce serais une lecture classique, parce que je connaissais la fin de l'histoire, après tout. Mais non. L'histoire m'a encore eu. J'ai vidé mes réserves de larmes pour trois mois, au moins...

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