Réalisateur : Xavier Beauvois

Sortie : 2010

Genre : drame

Nationalité : français

Synopsis : Un monastère perché dans les montagnes du Maghreb, dans les années 1990. Huit moines chrétiens français vivent en harmonie avec leurs frères musulmans. Quand une équipe de travailleurs étrangers est massacrée par un groupe islamiste, la terreur s’installe dans la région. L'armée propose une protection aux moines, mais ceux-ci refusent. Doivent-ils partir ? Malgré les menaces grandissantes qui les entourent, la décision des moines de rester coûte que coûte, se concrétise jour après jour… Ce film s’inspire librement de la vie des Moines Cisterciens de Tibhirine en Algérie de 1993 jusqu’à leur enlèvement en 1996.

 

 

Voir une romance mélo avec Emilia Clarke et Sam Clafflin dans les rôles principaux, et y voir une référence au film de Xavier Beauvois (que je n'ai pas vu à ce moment-là), c'est vraiment la honte. Des fois je m'exaspère devant la tonne de films qu'il me reste à voir. Ça m'épuise d'avance : est-ce que ça ne finira jamais ? Mais une seconde plus tard, je retrouve la sourire : il me reste des tonnes de choses à découvrir. Le Cinéma n'a jamais de fond. Et s'il faut en passer par des romances mélodramatiques pour finir par se cultiver, je le ferais sans hésiter.

 

Près de vingt ans après les événements de 1996, le sujet est toujours d'actualité. Le problème s'est juste déplacé. D'Algérie, il est passé en Syrie, et au début des années 2000, il a traversé officiellement la frontière imaginaire du monde entier. C'est à se demander si quoi que ce soit a été fait, et si nous n'avons jamais ramé à contre-sens durant tout ce temps. Mais je m'éloigne. Peut-être que le film voulait simplement me faire réfléchir à : « et si j'étais dans la même situation, quel serait mon choix ? ».

 

Xavier Beauvois parle de courage, il parle d'amour, de fraternité, et surtout de foi. Sa réalisation est très pauvre, et ça colle bien avec l'état d'esprit des personnages. Quelque chose de très posé, sans surcharge de couleurs, simple et épuré. Chaque source de lumière est visible, si bien que ça en devient un jeu à chaque plan : trouver les « fausses » lumières de cinéma. (spoiler : on ne les trouve pas)

 

Après, je ne suis pas certaine d'avoir vraiment apprécié ce film. Je ne peux pas nier que c'est un très bon film, un très beau et très bien maîtrisé. Le sujet est assez dur à aborder, mais ici il est traité avec la justesse des grands films. Néanmoins, même si je suis assez intelligente pour reconnaître un bon film quand j'en croise un, je me bats facilement avec un cœur récalcitrant. J'aime les cinéastes qui poussent leur médium à leur limite, au moyen de l'hyper-réalisme (pour le cinéma social, par exemple) ou au contraire du montage, de l'onirisme, des effets spéciaux (par comparaison, j'ai mille fois préféré le fantôme hantant le personnage de Tahar Rahim dans Un Prophète, que la réalisation finalement assez plate de Xavier Beauvois). Des Hommes et des Dieux ne m'a pas touché autant que je l'aurais voulu. Mais c'est un bon film : voyez-le.

 

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