Réalisatrice : Marti Noxon

Genre : drame

Nationalité : américain

Sortie : 2017

Synopsis : Ellen a 20 ans et est anorexique. Elle a passé la plus grande partie de sa vie à suivre différents programmes afin de se soigner. Déterminée à l'aider, sa famille l'envoie dans un centre spécialisé dirigé par un médecin non conventionnel. Surprise par les règles du centre et charmée par son nouvel entourage Ellen va tenter de se reconstruire et s'accepter. 

 

Ce film m'intriguait pour une seule chose : je voulais pouvoir entrer dans la tête d'une personne anorexique. Comprendre. Pas à 100% évidemment, mais comprendre ce qui est en jeu, ce qui peut être fait et par qui, et surtout qu'est-ce qui déclenche ça. Un de mes principaux préjugés que je voulais mettre à l'épreuve, était celui des médias, et des images des filles ultra minces et retouchées de partout. Ça me paraissait un peu trop simple de rejeter la faute sur ces images et sur la société en général. Et le point est donné : j'ai mieux compris, et puisque la réalisatrice s'est entourée des bonnes personnes pour écrire son film (dont elle-même et sa propre expérience), ça donne une certaine légitimité au film. Je pense que ça pourrait aider l'entourage d'une personne souffrant d'anorexie. Ou de boulimie. Pour les malades eux-mêmes, je ne sais pas. Je ne veux pas faire l'erreur de deviner de quoi a besoin une telle personne. Ce serait hypocrite de ma part.

 

To the Bone m'attirait aussi pour sa tête d'affiche : Lily Collins semble faire prendre un tournant plus auteuriste à sa carrière, et je suis la première à saluer ce genre de performance. Certes elle a perdu beaucoup de poids pour ce rôle (pour moi perdre du poids ou en gagner ne fait pas un acteur meilleur), et certes on retrouve quelques fois certains de ses gimmicks de jeu. Mais pour le reste, elle est méconnaissable, et ça me fait réellement plaisir de voir ça. Lily Collins grimpe les barreaux de sa carrière, un à un, avec chaque fois plus d'assurance. C'est fantastique de voir ça.

 

Côté réa', rien de particulier, si ce n'est une image où les couleurs semblent avoir été avalées au pochoir. Il y a un passage onirique avec plus de couleurs, mais rien ne transcende vraiment. Cela dit c'est bien dans le thème du film : l'héroïne doit apprendre à vivre, à revivre plutôt, et le ton pastel du film concorde plutôt bien avec sa personnalité éteinte. C'est le scénario qu'il est plus important d'étudier. Pour commencer, soyons un peu sceptique : si on y regarde de plus près, pas de quoi fouetter trois pattes à un canard ; le schéma est simple.

  1. Situation initiale, mise en scène du problème et première action pour le résoudre.

  2. Refus initial du personnage, suivi par l'acceptation.

  3. Scepticisme, puis ouverture au positif.

  4. Drame. Retour à la situation initiale.

  5. Make it worst.

  6. Déclic au dernier moment, fermeture du film sur un espoir.

Assez classique, et on sent les ficelles tirer tout ce petit monde. C'est tire-larme, et en plus de ça je reproche deux choses au scénario : avoir rendu le passé du personnage principal particulièrement dramatique (et donc peu crédible), et avoir invoqué le ressort scénaristique de l'histoire d'amour dans l'étape numéro 3 et 4. La plupart du temps je me laisse faire parce que j'aime la romance. Pas ici.

 

Cela dit mis à part ça, je ne peux pas faire la fine bouche : j'ai adoré ce film, j'en ai même pleuré. J'ai aimé les dialogues, qui pour la plupart sonnaient juste. J'ai aimé les acteurs, et bien sûr j'ai aimé les relations entre les personnages, particulièrement celle de la sœur, et celles des deux mères (la « naturelle » et l' « adoptive »). C'est par elles trois qu'on entre dans la tête de Ellen, par l'amour qu'elles lui portent, chacune différemment. To the Bone est un film plein d'amour et de lutte, c'est un beau film, et je l'ai aimé malgré sa banalité scénaristique et de mise en scène.

 

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