Réalisateur : Charlie McDowell

Genre : drame, romance, comédie

Nationalité : américain

Sortie : 2015

Synopsis : Alors qu'il s'offre un week-end pour se retrouver, un couple en crise doit faire face à un dilemme auquel il ne s'attendait pas.

 

 

L'autre jour je me noyais dans Youtube, quand une miniature du film Grave a attiré mon regard. J'ai cliqué dessus parce que c'était une chaîne américaine (Screen Junkies), et que voir un film de genre aussi génial traverser l'océan, je trouve ça vraiment très cool. J'ai rapidement déchanté en m’apercevant que les américains de cette chaîne (que j'adore, pourtant), et probablement leurs fans, ont le cliché tenace, et malheureusement souvent vrai, que film français = film chiant. Le cinéma français a beaucoup de mal à traverser l'Océan et à intéresser les cinéphiles américains. C'est donc avec curiosité que j'ai cliqué sur cette vidéo.

 

C'est une femme (Alicia Malone) qui parlait de Grave, Raw en anglais. Dans le concept de la vidéo, deux invités et un présentateur parlaient de trois films chacun, trois films méconnus mais qu'ils aimaient bien. Par préférence artistique, c'est l'avis d'Alicia Malone (journaliste) qui m'a le plus intéressé. En effet, sur les trois films qu'elle devait présenter, j'en avais vu deux (Grave, donc, mais aussi A Girl Walks home Alone at Night) et tout deux m'avaient scotché lorsque je les ai vu. Je lui ai donc instinctivement fait confiance avec le troisième : The One I Love.

 

Je ne savais pas du tout dans quoi je m'embarquais avant de voir ce film. Je savais juste qu'il y avait de la romance, que c'était américain et que ça parlait d'un couple en thérapie. Les premières minutes plantent le décors : c'est bien l'histoire d'un couple, et ils sont en thérapie parce que Lui a trompé Elle, et que ça ne va pas fort entre eux (le schéma classique, quoi). On sent qu'ils veulent pourtant réparer ce qui a été brisé, et leur psy les envoie dans un endroit où ils pourront se « retrouver ». Il leur parle de cet endroit comme une solution miracle, et on sent bien qu'il y a anguille sous roche. Évidemment, ça va être le cas, mais je vous invite à voir le film, parce que ça va spoiler sévère. Je vous aurais prévenu.

 

Il s'avère que cette maison en retrait du monde, cette magnifique maison hors de toute civilisation... n'est pas si vide que ça. Bien entendu. Mais l'identité des intrus m'a laissé sur le cul tellement je ne m'y attendais pas. Car un double de leur couple est également présent dans la « guest house ». Et petit à petit, ça vire paranormal, et le spectateur a le choix : soit il suit le point de vue de la femme (Elisabeth Moss) et ne se pose pas de question et savoure juste le bonheur de ne pas tout comprendre, soit on suit le point de vue de l'homme (Mark Duplass) et on mène l'enquête sur le pourquoi du comment. Les deux fonctionnent très bien.

 

The One I Love est donc un huis clos intriguant, parce que la plupart du temps nous sommes scotchés devant l'action suivante des protagonistes. J'ai aimé ce film parce qu'il ne prend pas le spectateur pour un con (les personnages ont de bonnes réflexions, ils se posent les bonnes questions, et leurs actions sont parfaitement censées et logiques, compte tenu de l'étrangeté de la situation). C'est un film assez simple en apparence (trois acteurs, et un seul lieu de référence), mais diablement complexe dans son scénario. Mais si tant est qu'on accroche au premier choc de l'étrangeté, on ne lâche plus le film d'une semelle.

 

Les acteurs sont très bons, évidemment, puisqu'ils n'ont pas d'autre choix que de porter le film sur leurs épaules (par là je ne veux pas sous-estimer le travail du metteur en scène, je veux simplement souligner le fait qu'ils ne sont pas nombreux). Et on réfléchit dans The One I Love : qu'est-ce que vous feriez dans cette situation ? Qui choisisseriez-vous ? Resteriez-vous avec un fantasme, mais heureux ? Ou bien avec la réalité sachant qu'elle ne vous ratera pas ? Le choix est cornélien, parce que même moi, qui suis une adepte de la fiction, ait vu mes certitudes flageoler.

 

Bref, je vous conseille The One I Love : il est déroutant, drôle et barré, tout ça à la fois. Et en plus, le plan final vous donnera de quoi réfléchir au film que vous venez de voir, bien après le générique...

 

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