(Très) récemment, j'ai découvert Elisabeth Moss dans le film The One I Love. Mais ce n'est pas elle qui m'a attiré vers The Handmaid's Tale. Non, c'est une publicité/critique made in C+ (la version 2.0 de Bolloré. Haut en couleurs. Mmh.). Ce petit magnéto de quelques minutes présentait la série dans les grandes lignes, avec trois références dont elle semblait puiser allègrement. Je n'ai retenu que les deux premières : Les Fils de l'Homme, film de Alfonso Cuaron, et La Servante Écarlate, livre de Margaret Atwood. La combinaison des deux m'intéressait fortement, d'autant plus que c'est un dystopie futuriste basée sur la condition féminine. Bref : ça promettait du beau.

 

The Handmaid's Tale (sacrément difficile à prononcer) est l'histoire d'une jeune femme dans une société américaine futuriste, qui esclavage les femmes fertiles, là où la quasi totalité de la race humaine est devenue stérile. Sous couvert de la religion et de lois visant à protéger la vie humaine, un régime totalitaire et patriarcal va s'installer, et les femmes fertiles misent à la disposition de grandes familles, qui adopteront l'enfant que cette servante aura conçu avec l'homme (par un viol, évidemment). On suit donc June, une femme qui va être séparée de sa petite fille et de son compagnon, et mise dans la famille des Waterford. On lui octroie un nouveau nom qui souligne son appartenance au couple, et tous les mois au cours d'une cérémonie, elle est violée dans le but de donner vie à un « miracle de Dieu ».

 

Certaines scènes ne sont pas faciles à regarder, surtout au début. Mais ensuite on s'habitue, et ça va mieux... et c'est sûrement ça le génie de cette série. Au bout d'un moment, cette société devient presque familière, et on s'y fait. Et ce n'est vraiment pas normal. On parle quand même d'une dystopie qui retire tout pouvoir aux femmes, et qui sont résumées à leur simple appareil reproducteur ! Parce qu'on entre dans la tête de chacun des personnages secondaires les plus importants (Nick, Serena et Fred), on en vient à saisir leurs motivations, et finalement à les comprendre. Ils restent humains avant tout, et croient fermement qu'ils font le bien de l'Humanité, même si leur aveuglement et leur peur les rendent cruels.

 

Je dois avouer que, outre l'esprit de June à qui on s'attache très fort, il y a un autre personnage en qui je plaçais beaucoup d'espoirs : Nick. Je suis une romantique dans l'âme, alors ça ne me surprend pas beaucoup. Mais ce côté romantique me joue des tours parfois, surtout dans les dystopies. Ici la relation entre June et Nick a meurtri mon petit cœur, mais ça lui a fait du bien aussi : il apprend la vie, la Vraie.

 

Et enfin bien sûr, The Handmaid's Tale ne serait rien sans un magnifique travail sur les couleurs (autant celles des costumes que celles de la photographie) et les symboles, sur la réalisation et le jeu d'acteur. Et la musique aussi, bien sûr.

 

C'est une série qui me donne l'impression d'avoir réveillé un peu mon esprit : le monde dans lequel je vis a encore des tares, et bien sûr, les femmes ne sont pas encore égales en droits aux hommes. Il reste du chemin à faire, il ne faut pas s'endormir sur ses lauriers. Je suis à présent plus consciente du ton paternaliste que certains hommes emploient parfois à l'égard des femmes. Ou bien de la simple question : « C'est mademoiselle ou madame ? », qui constitue à elle seule un affront à la femme, en règle générale.

 

La vie, la Vraie, a encore plein de défauts. On (les femmes) en prend toujours plein la gueule, et ce n'est pas près de changer. Le gros défi pour moi, dans ma vie future, va consister à apprendre à ne pas me faire marcher sur les pieds, et si possible à enseigner le féminisme autour de moi. Mais le bon féminisme, celui du respect et de la tolérance, pas celui qui place la femme au dessus de l'homme !

 

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