Réalisateur : Bong Joon-Ho

Genre : aventure, science-fiction, drame

Sortie : 2017

Nationalité : sud-coréen, américain

Synopsis : Pendant dix années idylliques, la jeune Mija s'est occupée sans relâche d'Okja, un énorme animal au grand cœur, auquel elle a tenu compagnie au beau milieu des montagnes de Corée du Sud. Mais la situation évolue quand une multinationale familiale capture Okja et transporte l'animal jusqu'à New York où Lucy Mirando, la directrice narcissique et égocentrique de l'entreprise, a de grands projets pour le cher ami de la jeune fille. 

 

 

Okja est un film qui a fait parlé de lui, parce qu'il a été présenté en compétition officielle à Cannes, alors qu'il ne sortira pas dans les salles de cinéma françaises. Okja est en effet financé et distribué par la plateforme Netflix, et c'est cela qui a été hué pendant la projection du film à Cannes. Au début j'étais un peu sceptique : c'est vrai que j'aurais voulu voir Okja au cinéma, et puis c'est vrai que c'est pas très juste pour le financement du cinéma en France, qui draine ses fonds à partir des billets vendus dans les cinémas. Mais il est temps de mettre les choses en perspective. Je savais que Netflix était en négociation pour faire des sorties ciné et respecter la très chère chronologie des médias si obsolète de nos jours. Je sais que ça n'arrange pas les affaires du CNC et des producteurs traditionnels tout ça, mais... faut pas déconner, ce ne sont pas les infimes productions Netflix qui vont faire s'effondrer le système de financement des films en France ! En fait, je serais pour dire que c'est même le contraire : la diffusion sur Internet ouvre à la culture, qui pousse à son tour au visionnage en salle (théoriquement en tout cas). Au bout du compte, il y a forcément plus de gens en salle. Et puis pour terminer là-dessus, il y a un truc qui m'a définitivement fait changé d'avis et qui est très important : Netflix finance des bons films.

 

Oui parce que tout ce blabla, c'est bien, mais s'il y a bien une chose qui compte et qui devrait compter plus que de savoir qui a financé tel ou tel projet, c'est le film en lui-même. Sa qualité, et la passion du cinéma, et rien d'autre. Et pour moi, Netflix mise sur les bons chevaux (la plupart du temps, quand ils ne sont pas occupés à couper ma série préférée au bout de deux saisons seulement...). Je ne connais pas hyper bien Bong Joon-Ho, mais il a des idées, et des bonnes ! Et comme Okja a été un coup de cœur, je ne peux que saluer l'implication de Netflix dans le projet. Et si en plus ils sont réputés pour ne pas mettre leurs gros doigts poisseux de producteurs dans le processus créatif, c'est pas étonnant que la profession s'inquiète !

 

De Bong Joon-Ho, je n'ai vu que les plus connus : Snowpiercer (je suis passée à côté, et vu dans de mauvaises conditions), et récemment The Host (très bon, et très drôle, à voir absolument). Du coup, j'imagine qu'il traite régulièrement de sujets de société à travers le genre de la science-fiction. Mais d'autres que moi auront l'occasion d'analyser son œuvre, moi ce n'est pas mon métier ni ma passion. Bref.

 

Okja commence avec une publicité décapante, ironique, colorée et complètement WTF. Il continue comme un conte pour enfants, avec l'amitié entre Mija et Okja. Et puis ça tourne dans l'action, et puis la farce, et puis un long moment de drame et de tension dans les abattoirs. Le passage de l'un à l'autre est fluide et sans accro, et pour moi c'est la marque d'un bon metteur en scène. Okja est une œuvre ultra complète, parfaitement maîtrisée, très poignante, bref... on a envie de devenir végan à la fin du film un coup de cœur.

 

Je salue les effets spéciaux, relativement bons pour un élément organique en interaction avec l'être humain (en comparaison, je trouve Le Livre de la jungle de Jon Favreau absolument immonde). Et puis bien sûr il y a les performances. Tilda Swinton est géniale comme d'habitude, et ce n'est pas surprenant pour quelqu'un qui l'a vu au moins une fois dans un film. La jeune Ahn Seo-Hyun est poignante, mais c'est surtout Jake Gyllenhaal qui m'a tapé dans l’œil. Je crois que c'est la première fois que je le vois dans un rôle vraiment comique, et ça lui va comme un gant. J'aimerais le voir plus souvent dans ce style... Notons également la présence de Lily Collins, Steven Yeun, Giancarlo Esposito, et Paul Dano (et Bong Joon-Ho a réussi à rendre Paul Dano sexy. C'est trop dingue).

 

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