Réalisateur : Edgar Wright

Sortie : 2017

Genre : action, policier, thriller

Nationalité : américain, britannique

Synopsis : Chauffeur pour des braqueurs de banque, Baby a un truc pour être le meilleur dans sa partie : il roule au rythme de sa propre playlist. Lorsqu’il rencontre la fille de ses rêves, Baby cherche à mettre fin à ses activités criminelles pour revenir dans le droit chemin. Mais il est forcé de travailler pour un grand patron du crime et le braquage tourne mal… Désormais, sa liberté, son avenir avec la fille qu’il aime et sa vie sont en jeu.

 

Ne nous fions pas à cette bande annonce atroce, et donnons une chance au nouveau film de Edgar Wright, génie de la comédie avec ses montages serrés et sa trilogie des Cornetto. Bon, je raccourci un peu, mais pour moi Edgar Wright, c'est avant tout un réalisateur qui claque, qui va vite et avec précision, en rendant un hommage aux films de genre qu'il affectionne. J'aime Edgar Wright, et j'aime ses films. Je ne pensais pas me planter en allant voir Baby Driver, même si au vu de la bande annonce, il y avait quand même de quoi avoir peur.

 

Je n'arrive pas à comprendre ce qu'il s'est passé. À vrai dire, tous les ingrédients étaient là : une bonne musique, associée au montage typique de Wright, des acteurs que j'adore (Kevin Spacey, Jamie Foxx, Jon Bernthal, et aussi Lily James), et quoi que Ansel Elgort me laisse plutôt de marbre, je garde l'esprit ouvert et j'attends le rôle qui me fera l'aimer pour son talent... et non sa frimousse. J'ai aimé les longs plan-séquences de Baby Driver, qui fluidifient les séquences musicales, et donnent de la cohérence au film. Le début est très cool, bien rythmé, et comme Wright a eu la bonne idée de couvrir les dialogues ennuyeux et prévisibles avec de la musique, la première partie passe très vite. Mais dès que la parole reprend, le film redevient banal, à commencer par la partie romance.

 

Au scénar' de ces scènes ultra gênantes, entre une Lily Collins qui minaude et un Ansel Elgort qui piétine, il y a encore et toujours Wright. Il n'est absolument pas doué pour la romance. Ni même pour l'hommage à peine camouflé à Bonnie and Clyde. Aucune alchimie entre les acteurs, des lignes de dialogue bidons, il n'en faut pas moins pour décrocher. Cette pseudo-romance sert de coup de pédale à un scénario qui fait du sur-place. Je déteste la romance à l'emporte-pièce. Donc : première grosse faute.

 

La seconde, c'est qu'il n'y a aucun enjeu scénaristique intéressant ou excitant. On sait que les personnages principaux vont vivre, et on sent aussi qu'ils auront leur happy ending à la fin. Ça enlève tout enjeu dramatique, et il aura beau faire un clip musical de deux heures très sympa, Wright se sera tout de même planté. J'ai l'impression qu'il s'est plus focalisé sur la forme que le fond, en négligeant le second degré de l'écriture. Certes, le son est particulièrement travaillé, et certes, il y a de bonnes scènes d'actions dans lesquelles on ne s'ennuie pas. Mais j'ai plus l'impression que ça fait un film qui s'écoute plutôt qui se regarde.

Edgar Wright s'est cassé les dents sur un genre qu'il admire beaucoup trop, ou pas assez. Dommage.

 

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