Réalisateur : Kim Seong-hun

Genre : drame, thriller

Nationalité : sud-coréen

Sortie : 2017

Synopsis : Alors qu’il rentre retrouver sa famille, un homme est accidentellement enseveli sous un tunnel, au volant de sa voiture. Pendant qu’une opération de sauvetage d’envergure nationale se met en place pour l’en sortir, scrutée et commentée par les médias, les politiques et les citoyens, l’homme joue sa survie avec les maigres moyens à sa disposition. Combien de temps tiendra-t-il ?

 

Pour certains, avoir une salle de cinéma pour soi tout(e) seul(e), c'est le rêve. Une salle vide représente la liberté de regarder son portable et manger bruyamment sans déranger personne, de rire aux éclats ou pleurer à chaudes larmes sans le regard des autres, et puis ça signifie se placer où l'on veut, faire du bruit, commenter à voix haute. Bref, je comprends ceux qui disent, avec des étoiles dans les yeux, « j'avais la salle pour moi tout(e) seul(e) ! ».

 

Sauf que bien sûr, j'ai un problème avec la vie en général, et moi les salles vides, ça m'angoisse. J'ai l'impression d'être une voleuse, et de ne pas avoir ma place. J'ai toujours le sentiment que quelqu'un va arriver, et dire « désolé madame, il n'y a pas assez de monde, on annule la séance ». Mais jusque là, ça n'est jamais arrivé. Et je sais que j'ai payé ma place, je sais que les cinémas sont protégés par l’État, et que personne ne va m'empêcher de voir un film au cinéma à partir du moment où j'ai acheté un billet. Mais il n'empêche...

 

Je n'ai jamais aimé être le centre de l'attention, et peut-être que cette angoisse de la salle vide met en lumière ma peur des projecteurs (parce que je suis la seule qui est dans cette salle, on va forcément me regarder d'une manière étrange...). Au moins dans une foule, je suis noyée dans la masse, et je ne me sens pas trop « différente ». Je me dirige vers une carrière dans le cinéma, parce que le cinéma est un groupe qui partage les mêmes idées (okay, je fantasme à mort, là). Aimer le cinéma me fait me sentir presque « normale » (parce que le cinéma est plein d'anormalité merveilleuses...). Mon intérêt pour les gros films populaires est un exemple qui illustre parfaitement mon point de vue. Et même les plus petits films indépendants, parce qu'il y a une communauté derrière. Je ne vais jamais chercher à aller voir LE film que personne n'a encore vu. Je suis les modes et les courants, je me place en spectatrice bienveillante, et je tente de comprendre le monde qui m'entoure de cette manière.

 

Ce qui m'amène à parler de Tunnel. C'est un film coréen, et donc par extension pas très connu du grand public, mais j'en ai entendu parlé plusieurs fois après sa sortie, et ça m'a rendue curieuse. Curieuse parce que je suis de plus en plus friande de cinéma coréen. Curieuse parce que j'adore Doona Bae. Curieuse parce que c'est un survival politique. Parce que Tunnel dépasse le traditionnel film de survival (prononcez à l'américaine...), il se permet de placer une légère critique des médias, et de leur récupération par les politiques. Avec humour, le réalisateur tourne en ridicule les journaux télévisés, mais aussi la maire de la ville, et les chefs d'entreprise (soucieux de reprendre le travail pour ne pas perdre d'argent). Au final, le message a été vu cent fois et concerne le désintérêt pour la vie humaine au profit du scoop (journalistes), de la bonne image (la maire), et de l'argent (les chefs d'entreprise). C'est basique, mais ça fonctionne.

 

Côté mise en scène, il y a de grands mouvements à la grue à l'extérieur du tunnel, contrastant avec la caméra fixe à l'intérieur. Il y a aussi l'ouverture (plan sur l'intérieur d'un tuyau) et la fermeture (travelling compensé d'une voiture entrant dans un tunnel) du film. Et puis quelques dézooms bien placés, aussi. Mais pour résumer, c'est une mise en scène assez light.

 

Voir ce film m'a momentanément fait oublié que j'étais seule dans la salle. Comme toujours, je m'en fais beaucoup pour pas grand chose.

 

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