Réalisateur : Trey Edward Shults

Genre : épouvante-horreur, thriller

Sortie : 2017

Nationalité : américain

Synopsis : Alors que le monde est en proie à une menace terrifiante, un homme vit reclus dans sa propriété totalement isolée avec sa femme et son fils. Quand une famille aux abois cherche refuge dans sa propre maison, le fragile équilibre qu'il a mis en place est soudain bouleversé. 

 

 

Je suis entrée dans la salle avec trois infos : le synopsis, l'acteur principal (Joel Edgerton), et le genre (ça fait peur). Je n'ai pas vu la bande annonce. Autant dire que j'y suis allée à l'aveugle (mais motivée par deux ou trois bruits positifs par ci, par là). J'y suis allée sans réfléchir, en me disant qu'au pire, j'aurais perdu 4 euros. Mais je n'ai pas perdu 4€, parce que le film est bon, tout simplement. Ça n'a pas été le grand chamboulement dans ma vie, mais je n'en attendais pas autant de lui, heureusement. La seule chose que j'attendais, c'était d'oublier mes petites angoisses du quotidien. Et ça a marché ! Enfin... plus ou moins, et pour un temps seulement. Mais c'est mieux que rien.

 

It Comes At Night est un film à ambiance. Je distingue généralement ce genre de film à ceux qui multiplient les jump scares, dans le genre de l'horreur. Pour moi, le film à ambiance est bien plus sournois, plus intelligent, et n'a pas pour vocation première de faire du divertissement (et c'est bien). Le film à ambiance parle de peurs profondes, viscérales, et parfois de faits de société, mais j'ai rarement vu ça. It Comes At Night prend racine dans deux peurs primales : on ne sait rien, et on ne voit rien. On ne sait pas pourquoi il y a une épidémie, on ne connaît pas les pensées des personnages avant un long moment (et même à la fin, c'est toujours ambigu), on ne sait pas qui a ouvert la porte rouge, et on ne sait pas quelles sont les motivations des nouveaux arrivants.

 

Et bien sûr, on ne voit pas le visage des personnages principaux, en ouverture du film, cachés par les masques à gaz. On ne voit pas ce qui a attiré le chien dans les bois. Et on ne voit rien dans les couloirs de la maison, car l'image est globalement très sombre, et qu'il faut chercher le moindre rai de lumière (d'ailleurs le travail sur la photographie est excellent). On ne sait rien, on ne voit rien, et en plus de ça la fin est une fin ouverte. Bref, un film d'horreur ultra classique, qui m'a un peu fait penser à The Witch par son côté « forêt menaçante ». Mais la comparaison s'arrête là. Dans It Comes At Night, la menace ne vient pas forcément de l'extérieur (les infectés), mais surtout de l'intérieur.

 

La menace, c'est la gangrène qui ronge l'intérieur de l'esprit du garçon de 17 ans, Travis. Ce sont ses cauchemars. Ce sont ses insomnies. Ce sont ses possibles hallucinations, et ses crises de somnambulisme. Mais là encore, à part le spectateur jusqu'à un certain point, personne ne sait rien, personne ne voit rien. Nous sommes pourtant, dès le début, mis dans la confidence : il se passe quelque chose avec ce garçon. La mise en scène le souligne, très souvent avec des zooms légers, ou bien des plan qui restent sur son visage, juste assez longtemps pour que le malaise s'installe. Au début du film il y a d'ailleurs ce plan marquant (comme celui de la porte rouge...) où le feu se reflète dans le masque du jeune homme. Il se passe, ou va se passer quelque chose avec lui, mais on ne sait pas quoi.

 

Alors que retenir de ce film ? Qu'il y de vrais bons moments de tension, et que c'est un bon film, oui. Que les acteurs sont très bons, et malheureusement méconnus, oui encore. Que c'est un huis clos sombre, c'est l'évidence même. Cela dit, It Comes At Night est finalement assez classique, et subit mal la comparaison avec des films comme The Witch, par exemple.

 

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