Réalisateur : Jordan Peele

Genre : thriller

Nationalité : américain

Sortie : 2017

Synopsis : Couple mixte, Chris et sa petite amie Rose  filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle famille, Missy et Dean lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’État. Chris commence par penser que l’atmosphère tendue est liée à leur différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable.

 

 

(spoilers)

 

Jordan Peele vient de sortir le film que je rêvais secrètement de voir, sans jamais me l'avouer : un film mêlant deux des genres cinématographiques les plus codifiés (et paradoxalement mes préférés) à savoir la romance et l'horreur. Et oui, je sais que Get Out n'est pas classifié comme étant une romance, et puis théoriquement parlant, c'est plus un thriller qu'un film d'horreur. Mais de mon point de vue, jusqu'à ce que l'histoire bascule dans le thriller pur, c'est belle et bien une romance entre deux personnes qui nous est proposé !

 

Bref quoi qu'il en soit, ces deux genres sont extrêmement codifiés (au scénario pour la romance, à l'image pour le thriller), et se mélangent extrêmement mal (en général le thriller prend le pas sur la romance, et si c'est mal fait, la romance devient risible. Ce qui a tendance à m'agacer). Dans Get Out, le réalisateur n'a pas pris le risque de mélanger les deux genres (mais excelle dans chacun d'eux), et c'est dommage. C'est dommage de mon point de vue, parce que si la petite amie avait été victime de sa famille, le propos aurait été bien différent. Plus tolérant, plus réflectif, moins émotionnel.

 

Je m'explique. Vous savez déjà que ce film possède un message politique assez évident. La vision en est peut-être un peu trop « américanisée » à mon goût (peu de nuances), mais le fond reste le même : le racisme envers les Noirs. Get Out est un film qui traite d'une haine/peur viscérale envers le racisme, et de vengeance finale cathartique qui fait du bien, parce que c'est une expression de notre désir inconscient (allô docteur Freud ? Que pensez-vous du fait que la catharsis s'opère grâce à l'hypnose?). Pendant une grande partie du film, on laisse planer le doute sur l'implication ou non de la petite amie (quoi que « planer » n'est pas vraiment le bon mot, on finit par avoir la suspicion qu'elle est bien dans le coup). Et pour moi, tu vois, c'est là que ça coince. Parce que la petite amie fait partie du plan de la famille pour « rabattre la proie », elle se confond donc avec le reste de sa famille de frappés. Et par conséquent, ça piétine l'image de l'heureux couple mixe du début de film (ce qui est voulu, évidemment). La froideur et la folie empoisonnent cette belle image de tolérance, et ça m'a fait mal au cœur, parce que la première partie est vraiment bien faîte.

 

Si la petite amie avait été, elle aussi, victime de sa famille, ça aurait probablement fait un moins bon film, j'en suis consciente. Mais les films américains font rarement dans la nuance, et quand ils veulent privilégier l'Amour au lieu de la Haine, ils le font souvent les sabots d'un éléphant qui desservent souvent le propos (oh ! Salut Les Figures de l'ombre!!).

 

En conclusion, j'ai trouvé Get Out très bon : une bonne réalisation et de très bons acteurs. Quelques jumps scares de trop peut-être, mais globalement un film bien mené, bien rythmé, jusqu'à la dernière image. Assez ironiquement, c'est une musique qui m'a fait décroché de l'histoire : la toute première, celle qui est diffusée dans la voiture blanche. Elle appartient, depuis peu, à un souvenir cinématographique, celui de la musique utilisée par Miss Peregrine lorsqu'elle remonte le temps, dans le dernier film de Burton. Cette musique va me traumatiser, maintenant...

 

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