Réalisateur : François Ozon

Sortie : 2016

Genre : drame

Nationalité : français, allemand

Synopsis : Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Mais ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand. Cette présence à la suite de la défaite allemande va provoquer des réactions passionnelles dans la ville.

 

 

Depuis quelques mois, j'ai emprunté le chemin long et tortueux qui me mènera (je l'espère) dans le monde merveilleux du bon cinéma français. Jusque là j'ai eu quelques bonnes surprises (Grave, Ma Loute...), en tout cas assez pour redéfinir mes goûts en matière de cinéma français. Sauf que des fois, il y a des mauvaises perles qui me font regretter d'avoir seulement envisagé de jeter un œil à ces perles. Du genre Les Deux amis de Louis Garrel. Ou Frantz de François Ozon. En surface, les raisons pour laquelle je n'aime pas ces films sont différentes. Mais dans le fond, c'est la même chose que je leur reproche : ces réalisateurs ne regardent pas dehors. Ils n'ont pas la curiosité d'aller voir autre chose que leur propre nombril, et ça a tendance à m'agacer.

 

Quoi que je devrais être plus tendre avec Frantz, parce que le réalisateur a fait un effort sur l'esthétique de son film (le noir et blanc, et le passage à la couleur). Et l'alternance entre la langue allemande et française. Mais je me suis arrachée les cheveux en regardant ce film, c'est un fait. Je me suis répétée un bon millier de fois la règle (pas si débile que ça) que les américains nomment le « show, don't tell », et qui consiste à montrer les choses plutôt que de les raconter (vous auriez pu deviner ça tous seuls. Pardon). François Ozon ignore royalement cette règle, là où son film en aurait eu grand besoin. Car elle permet souvent de placer le spectateur entrer en empathie avec les personnages, avec ce qu'ils vivent, apprennent et subissent. Par exemple, une grande partie des souvenirs qui sont racontés (tell) auraient pu être mis en images (show). Même si ça aurait été plus littéral, au moins ça m'aurait permis de ne pas me sentir exclue de tout le film...

 

Je n'ai pas cru aux personnages, d'emblée. Je n'ai pas compris le changement de comportement du père (rien ne provoque son passage de « grognon » à « accueillant », et c'est un comble pour la thématique du film, je trouve). Les actions des gens ne sont pas crédibles, surtout. Je ne parle pas du pardon, ou même du mensonge qui plane sur les deux personnages principaux, mais plutôt des petites actions sans importance, du genre... proposer une baignade sauvage à Anna, alors que 1) elle est en deuil et 2) proposer ce genre de truc était franchement immoral, surtout pour l'époque. En fait, cette scène n'a que deux fonctions : celle de faire entrer un facteur romantique (ou du moins une attirance sexuelle entre les deux personnages), montrer les blessures physiques d'Adrien. Et cette scène est terrible, parce qu'elle atteint son but, mais avec la finesse d'un hippopotame en rut. François Ozon NE SAIT PAS filmer des romances. L'alchimie entre les acteurs est inexistante, le montage est nul, et les dialogues sont à chier. Sérieusement, n'essayez pas de me convaincre que « Ma seule blessure, c'est Frantz » sonne comme un truc naturel à dire !

 

Je n'ai jamais considéré Pierre Niney comme un mauvais acteur, mais comment dire... ici, soit il a décidé de jouer comme un pied tout le long, soit le réalisateur n'a gardé que les pires mimiques de l'acteur. Je pencherais plutôt pour le second, ayant un respect encore intact pour Niney. Parce que, et je vais terminer là dessus, l'idée d'alterner le noir et blanc et la couleur, c'est une idée à la con. Pardon, je suis bien trop grossière dans cet article, mais je suis furieuse. J'ai l'impression que je viens de regarder un clip musical mélodramatique de deux heures. Ça me fout en rogne.

 

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