Réalisateur : M. Night Shyamalan

Sortie : 2017

Genre : thriller, fantastique, épouvante-horreur

Nationalité : américain

Synopsis : Kevin a déjà révélé 23 personnalités, avec des attributs physiques différents pour chacune, à sa psychiatre dévouée, la docteure Fletcher, mais l’une d’elles reste enfouie au plus profond de lui. Elle va bientôt se manifester et prendre le pas sur toutes les autres. Poussé à kidnapper trois adolescentes, dont la jeune Casey, aussi déterminée que perspicace, Kevin devient dans son âme et sa chair, le foyer d’une guerre que se livrent ses multiples personnalités, alors que les divisions qui régnaient jusqu’alors dans son subconscient volent en éclats.

 

Il y a un temps pas si lointain, où j'aurais applaudi à m'en casser les poignets devant la performance de James McAvoy, et le retour en fanfare de M. Night Shyamalan. Le moment est malheureusement très mal choisi pour moi, parce que je me remets toujours du récent visionnage de Grave (Julia Ducournau), vu il y a une semaine. Dans mon esprit, je vois encore le fantôme des couloirs rouges et du regard de Garance Marillier. On peut alors aisément deviner mon inconfort devant les couloirs jaunâtres et les yeux vides de Anya Taylor-Joy (même si elle est bien meilleure dans The Witch). La comparaison a été beaucoup trop difficile à supporter, même si j'ai fait de mon mieux pour rentrer dans le film.

 

Mais j'aurais beau me cacher derrière Grave pour justifier ma déception, il va bien falloir que je sorte quelques arguments. Alors allons-y. Pour commencer, il faut dire que je n'avais pas beaucoup d'attentes spécifiques, mais j'en avais au moins une : celle de voir les fameuses 23 personnalités du personnage principal. Je voulais une performance ou une scène remarquable, bref, quelque chose que j'étais en droit de souhaiter à partir du synopsis de départ. Mais bon, le jeu de James McAvoy et la mise en scène de Shyamalan sont tout justes efficaces, et c'est à peine le minimum syndical. C'est pas suffisant. Et en plus, on ne voit même pas toutes les personnalités.

 

Il y a du Kubrick dans la réalisation, et puis du Hitchock aussi, de manière très TRES évidente. Beaucoup trop, même. Il y avait du Vertigo, et un peu de Psychose. De l'Alien. Et du Shining. Split, c'est un peu 10 Cloverfield Lane, mais sans les aliens. Shyamalan a placé sa caméra de façon a créer le plus d'inconfort pour le spectateur (beaucoup de regards face caméra, des contre-plongées, des plongées, des mouvements lents...). En général citer des tas de films plus géniaux qui ont été fait avant celui-ci, ça me plaît. Ça montre le bagage cinéphile d'un cinéaste. Sauf que Hitchcock est cité aussi souvent que la moitié des films qui sortent chaque année, c'est donc loin d'être original.

 

Globalement j'ai trouvé qu'il y avait des facilités dans le scénario. Dans le message. Dans la symbolique des choses. Il est évident que le personnage de Kevin est une métaphore du violeur de Casey, et la lutte qu'elle mène face à lui est évidemment une autre métaphore de la lutte qu'elle mène contre ses propres démons. Kevin est un animal, un de la pire espèce, un carnivore féroce et dangereux, le prédateur ultime. L'idée est bonne de base, mais elle est malheureusement trop peu exploitée. Ça reste très soft dans la forme. Seulement un seul jump scare au compteur, ce qui joue en sa faveur, mais le reste ne décolle pas au point de me filer des frissons.

 

Cela dit j'ai apprécié le caméo du réalisateur, dans le rôle d'un chargé de caméra de surveillance (le niveau de lol est élevé). Et puis bien sûr il y a la fin. Le dernier plan. J'ai hésité pendant 5 longues secondes, le temps de comprendre qu'il s'agissait bel et bien d'un lien avec l'un des précédents films de Shyamalan, Incassable. Dans un sens, c'est assez logique de voir le personnage joué par Bruce Willis dans le même univers que celui de James McAvoy. Mais dans l'autre, et bien... je trouve ça un peu trop facile. Et un peu nul par rapport aux gens qui découvrent l'univers de M. Night Shyamalan, parce qu'eux sont mis à l'écart par le final. Et ça, je ne suis vraiment pas sûre d'apprécier.

 

Retour à l'accueil