Moi, j'aime bien coller des étiquettes avant même que le film ne sorte.

Je sais, c'est pas bien.

Mais pour ce genre de film (à savoir les navets à gros budget, comme j'aime à les appeler), je me trompe rarement. Tête d'affiche masculine très connue (jamais féminine, faut pas déconner, le cinéma c'est un monde de bonhomme, hashtag vazytavu), gros budget à effet spéciaux et sujet sorti de nulle part sont souvent les dénominateurs communs de ce genre de production. Sauf qu'il y a des exceptions, c'est évident, et je ne peux pas baser mes a priori sur un simple schéma de mon propre cru. Alors je fais confiance à ma curiosité, même si elle me pousse très souvent à regarder un sous-genre du blockbuster américain qui certes, attire beaucoup de monde dans les salles, mais qui n'a aucune chance de devenir le prochain Star Wars du cinéma.

 

Donc ouais, j'aime bien regarder ce genre de film. Ça n'apporte pas grand chose à ma culture cinématographique, et soyons sérieux, à rien de particulier dans ma vie en général. Mais parfois, c'est tellement mal foutu que ça libère colère et rire, les deux à la fois, dans une sorte de soupape de la frustration accumulée au cours de la journée. Au final, je porte un regard assez tendre sur le film d'action basique à fort usage d'effet spéciaux, parce que à petite échelle ça m'a fait du bien, et à plus grande échelle, bah merde : ça a créé des emplois quelque part dans le monde, et c'est un minimum respectable.

 

Mais parlons des films. Aujourd'hui, j'ai décidé de parler de deux films d'action sortis fin 2016, le premier réalisé par Alex Proyas (Gods of Egypt) et le second par Justin Kurzel (Assassin's Creed). Sur le papier, ils ont l'air assez différents. Le premier pose ses bases dans une Égypte fantasmée où les Dieux vivent avec les Hommes, et où ces mêmes Dieux font deux fois la taille des humains. Bon... pourquoi pas. Le second prend racine dans un jeu vidéo du même nom, et raconte grosso modo l'histoire d'un groupe d'assassins luttant pour le libre arbitre des Hommes (rien que ça) à travers les âges et l'Histoire. C'est plus compliqué que ça, mais pour parler de ce scénario je ne suis pas la plus calée : pour ça je vous renvoie aux jeux vidéos de la franchise, ce sera certainement plus précis que mon blabla.

 

Mais si on creuse un peu (mais pas trop, parce que j'ai la flemme), on remarque un premier point commun : le premier rôle féminin est, dans les deux films, interprété par une française. Elodie Yung a été récemment aperçue dans la série Daredevil, et Mario Cotillard... bon, j'ai pas besoin de vous ressortir son CV. Notons également la présence de Charlotte Rampling ainsi que Denis Ménochet dans le casting du second film. Cela dit, la comparaison s'arrête là. On connaît plus Alex Proyas pour des films plus ou moins ratés ces dernières années (n'y allons pas par quatre chemins...) et Justin Kurzel a sortit une adaptation de Macbeth nommée plusieurs fois au 68ème festival de Cannes (en 2015). Là où Proyas aura une démarche de réalisateur de film à entertainement, Kurzel est plus du côté « film d'auteur ». De ce fait, si on m'avait demandé de miser sur l'un de ces deux films avant de les voir, en sachant cela, j'aurais naturellement tourné mes espérances vers Assassin's Creed. Et c'est ce que j'ai fait.

 

Mais le cinéma, c'est capricieux.

Je reconnais la démarche auteuriste de Justin Kurzel, mais bon... il faut avouer que même sans avoir joué à Assassin's Creed (mais j'en ai vu de nombreuses images, ceci dit, donc je connais un peu le visuel et les moments forts du jeu), j'en avais quelques attentes au moment de la sortie du film. Des attentes qui se sont avérés bien trop envahissantes pour le souhait de Kurzel d'axer son histoire autour de l'Animus, et non du passé historique qui a fait la renommé du jeu. Clairement, j'attendais un film d'aventure et d'action, et pas qu'on me rappelle sans cesse que ce que je voyais n'était qu'une illusion créée par une machine. C'est beaucoup trop frustrant pour être agréable. Et je me suis arrêtée à ce sentiment, parce que... bah c'est tout, j'ai pas à me justifier d'un sentiment.

 

Alors que Gods of Egypt, par comparaison, je l'ai beaucoup mieux vécu. Bon, je n'ai jamais dit que c'était le film du siècle, vraiment loin de là. Mais dans le peu d'attentes que j'avais de ce film, celui-ci a parfois réussi à me surprendre, et à me faire rire (dans le bon sens du terme). Le rôle de Gerard Butler est un abominable cliché, comme à peu près tous les autres personnages du film, ceux de Brenton Thwaites et Courtney Eaton en premier. Non, ce qui a réussi à me dérider, ce sont des détails, comme par exemple le fait que le dieu de la sagesse (Chadwick Boseman) possède un ego tellement surdimensionné qu'il se multiplie lui-même, tel un Henri Castafolte égyptien. Ou bien les piques féministes de Halthor (Elodie Yung) à Horus (Nikolaj Coster-Waldau, encore nimbé de l'aura Game of Thrones...). Il y avait quelques idées comiques qui marchaient, et c'était assez surprenant venant d'un film en lequel je n'en attendais rien du tout.

 

J'ai donc misé sur le mauvais cheval. Attention : niveau formel, aucun doute, le film de Kurzel dépasse celui de Proyas. Et si j'étais un minimum objective, je vous dirais qu'il faut continuer de croire en la carrière de Justin Kurzel au lieu de lui casser du sucre sur le dos. Mais je ne suis pas objective, et c'est tant mieux.

Non, au lieu de ça, je vais simplement terminer là dessus : Ne regardez ni Gods of Egypt, ni Assassin's Creed. Vous perdrez votre temps dans les deux cas.

 

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