Nationalité : américain

Genre : thriller

Réalisateur : David Fincher

Sortie : 2007

Synopsis : Zodiac, l'insaisissable tueur en série qui sévit à la fin des années 60 et répandit la terreur dans la région de San Francisco, fut le Jack l'Eventreur de l'Amérique. Prodigue en messages cryptés, il semait les indices comme autant de cailloux blancs, et prenait un malin plaisir à narguer la presse et la police. Il s'attribua une trentaine d'assassinats, mais fit bien d'autres dégâts collatéraux parmi ceux qui le traquèrent en vain.
Robert Graysmith, jeune et timide dessinateur de presse, n'avait ni l'expérience ni les relations de son brillant collègue Paul Avery, spécialiste des affaires criminelles au San Francisco Chronicle. Extérieur à l'enquête, il n'avait pas accès aux données et témoignages dont disposait le charismatique Inspecteur David Toschi et son méticuleux partenaire, l'Inspecteur William Armstrong. Le Zodiac n'en deviendrait pas moins l'affaire de sa vie, à laquelle il consacrerait dix ans d'efforts et deux ouvrages d'une vertigineuse précision...

 

 

J'ai vu ce film dans le cadre de la rétrospective David Fincher, organisée par l'Institut Lumiere de Lyon.

Mine de rien, en consultant le programme au début du mois de janvier, je me suis aperçue que j'avais à peu près tous les grands succès de Fincher. J'ai fait l'impasse sur Alien 3, parce que à ce jour, je n'ai vu que le premier volet, et j'attends le bon moment pour regarder toute la franchise. Mais pour le reste, j'ai tout vu : Panic Room, Gone Girl, Fight Club, Seven, Millenium... sauf Zodiac évidemment. Ce qui me faisait peur, c'était la longueur du film (2h30), mais pas sa qualité : Fincher est un bon cinéaste, et il était temps que je rattrape mon retard sur Zodiac. Question de fierté.

 

Je ne suis pas particulièrement une fan de David Fincher, mais je lui reconnais une très grande maîtrise de ses sujets et de sa caméra. À vrai dire ce qui me plaît le plus chez lui, ce sont ses castings prestigieux (ouais, je sais, ça fait pas très cinéphile de dire ça). C'est peut-être parce que j'ai un problème avec les gens qui disent que « Fincher est un génie » que j'ai du mal à me sentir concernée par la folie Fincher. J'aurais aimé découvrir le réalisateur par moi-même, en prenant mon temps. Un jour, c'est promis, je prendrais mon temps pour Hitchcock et Godard. Mais pas maintenant. Maintenant, j'ai d'autres chats à fouetter (et ma cinéphilie te remercie bien bas).

 

Zodiac, c'est d'abord un film devant lequel je n'ai pas sentit le temps passer. Étonnamment, la partie enquête m'a passionnée, et le rythme était assez soutenu pour me tenir en haleine du début à la fin. Je ne m'attendais pas non plus à y découvrir des similarités avec le film Spotlight, mais bon... mettre Mark Ruffalo dans le contexte d'une enquête, avec des métiers de journalistes et un scandale à la clé... Mais ce qui m'a le plus perturbé, c'est de constater à quel point mon cerveau a du mal à se remettre de sa cure de désintoxication Marvel. En effet, il n'a pas mis longtemps avant de rire spasmodiquement devant un dialogue entre Robert Downey Jr et Mark Ruffalo, tout en m'envoyant malicieusement des scènes d'Avengers 2 entre Iron Man et Hulk. Je vous jure que je tente de soigner mon cerveau, mais des fois il fait une rechute, et je n'y peux rien !

 

Bref, trêve de plaisanterie. J'avoue que je n'ai pas vraiment d'avis définitif en ce qui concerne Zodiac. J'ai aimé la mise en scène de Fincher, particulièrement dans la scène d'ouverture, et surtout le travelling avant sur Jake Gyllenhaal, lorsqu'il recule dans la cave de Rick. Je le comparais à Spotlight un peu plus tôt, mais c'est dans ce genre de scène que Zodiac fait la différence. Et donc là où je préfère un thriller haletant à une simple énonciation de faits réels, narrés de manière linéaire.

 

Je reproche au film quelques petits trucs, par contre. Déjà, le choix de Robert Downey Jr : pour voir Robert Downey Jr jouer du Robert Downey Jr, je n'avais qu'à revoir le premier Iron Man (celui de Jon Favreau), sorti l'année d'après. Pas la peine d'attendre quelque chose de nouveau de sa part. Ensuite, le traitement de la couleur et de la lumière : je n'ai décemment rien à lui reprocher, mais clairement, il n'est pas très difficile de trouver des liens avec Seven. Et enfin, le seul de ne jamais montrer la tête du tueur lorsqu'il est mis en scène. À la base, ça partait d'une bonne idée, mais je trouve qu'au final ça dessert le propos, car paradoxalement, même si on ne voit jamais son visage, le tueur est visible très souvent à l'écran, et cela le rend bien moins insaisissable et moins menaçant.

 

Cependant, je suis rentrée chez moi vers minuit, avec une légère paranoïa en marchant seule dans les rues désertes de Lyon. Cela dit, je me demande si le fait que je n'ai jamais entendu parler de l'histoire vraie du Zodiac avant, n'a pas minimisé mes réactions morbides face à ce film. Je ne pense pas. Peut-être que c'est tant mieux, finalement...

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