Réalisateur : Martin Scorsese

Sortie : 2017

Genre : drame, historique

Nationalité : américain, italien, japonais, mexicain

Synopsis : XVIIème siècle, deux prêtres jésuites se rendent au Japon pour retrouver leur mentor, le père Ferreira, disparu alors qu’il tentait de répandre les enseignements du catholicisme. Au terme d’un dangereux voyage, ils découvrent un pays où le christianisme est décrété illégal et ses fidèles persécutés. Ils devront mener dans la clandestinité cette quête périlleuse qui confrontera leur foi aux pires épreuves.

 

 

Je ne sais pas trop si c'est un grande idée d'avoir donné ce rôle à Liam Neeson. Ne nous méprenons pas : je pense qu'à part les films d'action plutôt nuls dans lesquels il joue régulièrement, Neeson peut réellement se montrer marquant, comme il l'a très bien prouvé dans La Liste de Schindler, ou ici dans Silence. Cependant, il fut un moment pendant cette séance de cinéma, où le fou rire a prit le dessus sur le sérieux de mon esprit. En effet, Liam Neeson est apparu, cheveux longs attachés, élégamment vêtu d'un kimono, et prêchant le bon conseil à son ancien élève Andrew Garfield. Et ça a été plus fort que moi : j'ai ris. Je me suis demandée si Andrew Garfield allait enfin l'accuser d'avoir sombré du côté obscur de la Force...

 

Bon, à part cette tranche de franche rigolade, que vaut le nouveau film de Scorsese ? Et bien pour commencer, rien à voir avec le précédent, mais alors RIEN du TOUT. Il y a deux ans, Martin Scorsese avait programmé un certain nombre de films japonais (beaucoup de Kurosawa) dans son programme du festival Lumière. Je me souviens que ça m'avait étonné, à l'époque. Aujourd'hui, Silence m'a à peine surpris par ses choix de cadres, son traitement du son, ses couleurs, etc... Chaque plan est un hommage au cinéma japonais. Et c'est fichtrement beau.

 

Je ne suis pas trop fan de cette thématique religieuse, ceci dit. Ça a tendance à m'ennuyer voir à m'agacer quand c'est fait avec les pieds. Mais quand ça ne l'est pas, et c'est le cas ici, j'accroche avec autre chose : soit la réalisation, soit un thème plus proche de moi.

Pour la première, j'ai été convaincue au début du film, avec le plan des trois prêtres descendant les escaliers à Rome (au Vatican, je suppose). Les escaliers sont filmés de haut, sans aucune profondeur, et les trois personnages semblent marcher sur du plat, de gauche à droite de l'image. Cela m'a fait penser à quelques plans de l'ouverture du Cardinal de Otto Preminger, d'ailleurs.

Pour le thème, j'ai trouvé que la seconde partie du film traitait de résistance personnelle contre un oppresseur externe. C'est un sujet qui m'a finalement beaucoup plus touché, bien plus que cette histoire de convertissement religieux forcé.

 

Silence est assurément un bon film, et je suis contente de l'avoir vu. Je regrette peut-être une présence trop effacée de Adam Driver, et une première partie de film moins passionnante que la seconde... mais globalement c'est un film visuellement très beau, le message est subtil, quelques phrases de dialogue font mouche dans le contexte actuel, et bien sûr il y a Andrew Garfield qui joue une de ses meilleurs partitions depuis Boy A. Et puis bien sûr c'est un Scorsese, et il ne faut jamais louper un Scorsese au cinéma, ce serait pêcher.

 

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