Réalisateur : Jeff Nichols

Genre : drame, romance

Nationalité : américain, britannique

Sortie : 2017

Synopsis : Mildred et Richard Loving s'aiment et décident de se marier. Rien de plus naturel – sauf qu'il est blanc et qu'elle est noire dans l'Amérique ségrégationniste de 1958. L'État de Virginie où les Loving ont décidé de s'installer les poursuit en justice : le couple est condamné à une peine de prison, avec suspension de la sentence à condition qu'il quitte l'État. Considérant qu'il s'agit d'une violation de leurs droits civiques, Richard et Mildred portent leur affaire devant les tribunaux. Ils iront jusqu'à la Cour Suprême qui, en 1967, casse la décision de la Virginie. Désormais, l'arrêt "Loving v. Virginia" symbolise le droit de s'aimer pour tous, sans aucune distinction d'origine.

 

 

Je suis vraiment à deux doigts de proclamer Jeff Nichols au rang de mon réalisateur préféré. Vraiment à deux doigts. Ce qui m'en empêche, c'est le temps. Parce que le temps permettra à Jeff Nichols de nous sortir bien d'autres films d'exception (et peut-être d'autres moins bons, mais même ceux-là je les attends avec impatience). J'ai hâte de voir ça.

 

Je n'ai pas grand chose à dire de particulièrement intéressant sur ce film. Je l'ai aimé de toutes mes forces, j'ai encore du mal à m'en remettre, et je n'ai aucune envie de faire fonctionner ma logique, ici. Pour vous dire à quel point je ne maîtrisais plus rien du tout, à la fin du film, un simple champ/contre-champ entre Ruth Negga et Joel Edgerton déclenchait un torrent de larmes. Je ne vais pas m'excuser d'être aussi émotionnelle quant à ce genre de film romantique. J'aime les romances, et depuis longtemps, point barre. Bien sûr, avec le temps, je suis devenue plus intransigeante sur la qualité des romances que je regarde. C'est devenu de plus en plus rare de trouver une bonne romance, bien réalisée, bien scénarisée et bien jouée. Et puis tant que j'y suis : il serait temps de tuer ce cliché que les romances, c'est bon que pour les filles fleur bleue et puis c'est tout. Ce cliché m'empêche parfois d'exprimer clairement mon amour des comédies romantiques, et c'est bien dommage...

 

Une bonne romance au cinéma commence d'abord et avant tout par de la subtilité. Par des silences. Par des regards. C'est extrêmement compliqué de faire ce genre de film, et bien que très codifié, je trouve que c'est le genre le plus difficile à mettre sur écran. Heureusement, Jeff Nichols et sa troupe ne manquent pas de subtilité, et comme il réemploie régulièrement ses amis (David Wingo pour la musique, un petit rôle pour Michael Shannon, et le premier pour Joel Edgerton), on avait peu à craindre quant à la qualité de l’œuvre qu'il allait produire.

 

J'ai aimé le fait que Jeff Nichols mette la politique de côté, dans cette histoire. Ça aurait pu être un film totalement différent, s'il n'avait pas assumé la partie romance de bout en bout. D'ailleurs ça m'étonne franchement de ne pas avoir vu une adaptation ciné de cette histoire plus tôt dans ma vie : le scénario est parfait, car l'Histoire semble avoir été écrite comme dans un film. Le couple Loving (aimer en anglais), est allé en prison parce qu'ils s'aimaient, et que c'était leur seul crime. Il y a des fois où je me disais que c'était trop beau pour être vrai. Le texte à la fin du film a finit par m'achever sur place...

 

Terminons sur quelque chose d'assez banal, sur lequel on s'entendra tous plus ou moins : Ruth Negga et Joel Edgerton sont majestueux. Surtout ce dernier. À un moment, je me suis quand même demandée s'il n'essayait pas de faire tomber son personnage dans la caricature balourde de l'ouvrier américain venant du fin fond des USA avec son esprit limité et sa démarche gauche. Mais cette pensée n'a pas résisté longtemps : Edgerton incarne un papa ours tendre, qui prend soin de sa famille malgré les obstacles, et je trouve qu'il n'y a rien de plus touchant au monde. C'est dans la simplicité de ses sentiments (il aime sa femme et ses enfants, point à la ligne) qu'il apparaît grandiose. C'est là où le monde se complexifie encore d'avantage chaque année que ce film se démarque vraiment.

 

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