Réalisateur : Stanley Kubrick

Sortie : 1957

Genre : guerre, drame

Nationalité : américain

Synopsis : En 1916, durant la Première Guerre mondiale, le général français Broulard ordonne au général Mireau de lancer une offensive suicidaire contre une position allemande imprenable, surnommée "La fourmilière". Au moment de l'attaque, les soldats tombent par dizaines et leurs compagnons, épuisés, refusent d'avancer...

 

 

Je ne sais pas grand chose sur ce film, et pour le moment, je ne sais pas vraiment si c'est un avantage ou un handicap. J'ai une idée précise de ce que peux être une critique de cinéma, et j'aime que les miennes se fassent sous le coup de l'émotion. J'aime bien écrire tout ce qui me passe par la tête dès lors que je quitte la salle de cinéma (où en l’occurrence, que je ferme mon lecteur VLC...), pour pouvoir relire bien plus tard ce que j'ai écrit, et constater si j'étais sur la bonne piste (de compréhension du film) ou bien si j'étais totalement à côté de la plaque. Mes critiques ne sont pas censée être basées sur l'analyse formelle et rigoureuse des plans, elle se base uniquement sur ma subjectivité, mes émotions et mon intuition. Au maximum de mes capacités, j'essaye de faire taire la partie de moi qui veut tout analyser et tout comprendre du premier coup.

 

Comme la plupart des grands classiques du cinéma, je devais voir Les Sentiers de la gloire depuis un bon moment déjà. Mais bon... Stanley Kubrick me fait peur, parce que si on n'aime pas Stanley Kubrick, on est considéré comme traître à la cause cinématographique (employons les grands mots...). Je ne suis pas particulièrement fan des méthodes parfois tyranniques de Kubrick sur ses tournages, mais je l'admire sincèrement en tant que réalisateur, parce qu'il est sans conteste l'un des plus grands de tous les temps. En ce qui me concerne, je rattrape mon retard du mieux que je peux dans sa cinématographie : Les Sentiers de la gloire est le septième long-métrage que je vois de lui. Il me reste Lolita, Dr Folamour, et ses tous premiers films...

 

Il me semble avoir compris que la sortie des Sentiers de la gloire avait provoqué un remue-ménage lors de sa sortie en France et en Belgique, ce qui fait qu'elle a été décalé de 20 ans environ. Connaissant le bonhomme, cela ne m'étonne qu'à moitié (d'ailleurs je ne crois pas avoir entendu parlé d'un seul tournage ou d'une seule sortie qui se soit passée sans anicroche). Le sujet choisi par Kubrick est tout de même loin d'être neutre, comme d'habitude, et comme d'habitude, c'est avec le temps qu'on s'est rendu compte à quel point il était en avance sur son temps. Parler de la lâcheté des soldats français pendant la Première Guerre Mondiale, ou suggérer un commandant qui tire sur ses propres troupes pour les inciter à aller combattre... c'est loin du cliché hollywoodien (mais pas que) qui veut que le personnage principal de l'histoire soit un héros courageux et patriote, qui ne recule pas devant le danger, et qui lance des discours guindés pour motiver ses troupes (genre... Bravehart, ou Le Seigneur des Anneaux... bien que j'aime profondément ces deux films).

 

De plus, et à moins que je ne me trompe, il me semble que ce film a été tourné dans des décors naturels (si ce n'est pas le cas, bravo au décorateur parce que je n'y ai vu que du feu...). Étant donné que la Nouvelle Vague française ne va pas tarder à montrer le bout de son nez à ce moment, je dirais qu'il y a un lien... mais là encore je peux me tromper.

 

Cela dit, il y a quelques trucs qui m'ont fait marré dans le film de Kubrick. Notamment le fait que Kirk Douglas interprète un colonel français (j'ai trouvé ça très lol, pardonnez l'expression). Ou bien le fait que les « poilus » sont tout de même bien rasés, et qu'ils ont eu plus ou moins tous le temps de gominer leurs cheveux avant la bataille. Donc pour le réalisme historique, on repassera. Mais ça se pardonne facilement, pour plusieurs raisons. La première, c'est que le film a été tourné dans les années 50, et que je suis plus indulgente dans ces cas-là. Et la seconde, c'est que je pense que le but premier n'était pas forcément de faire quelque chose de « réaliste » (je déteste ce mot), mais plutôt d'insister sur l'aspect technique (les longs travellings dans les tranchées), et sur l'humour absurde mené de front par le personnage du capitaine balafré. De temps en temps, lors des scènes de négociation et de procès, j'ai pensé que ce film aurait pu être réalisé par Otto Preminger, tellement les thèmes me semblent proches.

 

J'ai lu quelque part sur Internet, à deux endroits différents, que Kubrick avait conservé la fin pessimiste du livre adapté à la base, et que quelqu'un se plaignait du ton optimiste de la fin. Est-ce qu'il y a de quoi débattre sur le fait que la fin est pessimiste ou optimiste ? Pour ma part, je la trouve en demie teinte, comme la grande majorité des films de Kubrick que j'ai vu jusque là. On ne peut pas dire que la fin des Sentiers de la gloire est optimiste, parce que les trois hommes se sont fait fusillés, et que la justice semble décidément très aléatoire quand ça concerne le pouvoir des officiers de guerre. Cependant, Kirk Douglas semble rester blanc comme neige jusqu'à la fin (ce qui est très peu crédible, à mon avis), et c'est peut-être ça qui a confondu notre ami déçu par la fin « optimiste ». Bon, en fait vous savez quoi ? Cette fin est pessimiste. Point barre. C'est la guerre, comment est-ce qu'on pourrait faire une fin optimiste, nom d'un chien ?!

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