Réalisateur : Damien Chazelle

Sortie : 2017

Genre : comédie musicale, romance

Nationalité : américain

Synopsis : Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions. 
De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. 
Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent…
Le destin va réunir ces doux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante d’Hollywood ?

 

 

Ah. Quel malheur. J'ai l'impression d'avoir eu le ticket gagnant à la loterie, mais d'être soudainement devenue aveugle avant de pouvoir le voir. La La Land est un grand film. Un bon film. De ceux qui donnent la larme à l’œil et gonfle le cœur de joie, de ceux qui donnent envie de chanter et de danser, de ceux qui te soufflent que tant pis si tu t'écorches les genoux, je vais souffler dessus et tout ira bien. C'est un film-câlin, où l'on a envie de se rouler dedans jusqu'à la fin des jours tellement il nous fait du bien.

 

Oui mais.

 

Oui mais même si j'ai adoré la musique, à la fin elle me sortait par les oreilles. Même si j'ai aimé les couleurs, à la fin j'avais envie m'arracher les yeux. Et même si j'ai frissonné devant la mise en scène spectaculaire de Damien Chazelle, à la fin j'avais un arrière goût amer dans la bouche.

 

Pourquoi ?

 

Question rhétorique, je connais la réponse. Parce que ce film, c'est un pansement sur le cœur, sur les plaies, ou quoi que ce se soit qui peut s'écorcher au contact de la vie. Sauf que voilà, quand les circonstances ne sont pas favorables, impossible de faire autrement : j'ai vu ce film à la fin d'une journée particulièrement heureuse. Par conséquent je n'avais pas besoin d'un pansement. Et bien sûr ça me fait du mal de l'admettre, parce que moi aussi j'ai besoin d'un câlin de temps en temps, quand tout va mal. La La Land est le parfait médicament contre les journées merdiques. Il se trouve que je n'en avais pas besoin à ce moment-là. Bad timing. It happens.

 

Il y a ce moment, où Mia (Emma Stone) dit qu'elle n'aime pas le jazz, et où Ben (Ryan Gosling) lui explique d'un ton très moralisateur, que le jazz c'est génial, qu'il faut juste comprendre d'où il vient, et que tout le monde devrait adorer le jazz. S'il n'y avait pas eu cette scène, je n'aurais même pas fait attention au jazz que j'étais effectivement en train d'écouter. Mais une fois qu'il l'a pointé du doigt, il était trop tard : je n'ai pensé qu'à ça jusqu'à la fin du film.

Je n'aime pas le jazz. Damien Chazelle vient de me huer. Calme-toi, Damien : j'ai adoré Whiplash. Mais c'était parce que me jazz était secondaire derrière l'histoire du maître et de l'élève. Dans La La Land, tu me le mets carrément sous le nez.

Et si seulement il n'y avait que ça...

 

Promis, dans quelques années, j'essayerai de voir ce film dans de « meilleures » conditions. En attendant, laisse-moi digérer ce dégueulis de couleurs et de bons sentiments... qu'est-ce que je ne ferais pas pour avoir eu une journée pourrie, aujourd'hui...

 

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