Réalisateurs : Joel et Ethan Coen

Sortie : 1991

Genre : comédie, drame, thriller

Nationalité : américain

Synopsis : En 1941, Barton Fink est un jeune auteur timide et effacé de pièces de théâtre, dont la dernière pièce est encensée par la critique à New York. Son agent le pousse à tenter sa chance à Hollywood comme scénariste sous contrat pour un studio, Capitol Pictures. Arrivé à Hollywood, le patron du studio, Jack Lipnick, lui demande de scénariser un film de série B sur le monde des lutteurs. Barton Fink accepte alors qu'il ne connait pas du tout cet univers sportif. L'auteur s'installe dans un grand hôtel suranné quasi désert et bien étrange. Dès les premières heures, l'angoisse de la page blanche envahit Barton Fink. C'est à ce moment que le jeune auteur rencontre Charlie Meadows , un étrange voisin...

 

 

L'année dernière, je me suis fixée comme objectif un peu dingue de voir un film par jour pendant un mois. Comme le mois de février est celui qui compte le moins de jours, c'est sur celui-ci que j'ai porté mon attention. Cette année, j'instaure une tradition avec la seconde édition de mon marathon cinématographique. Et encore une fois, je commence ce marathon avec un film des frères Coen. Je ne pense pas que ça deviendra une habitude, parce que bien entendu les Coen ne font pas un film par an, et que je serais rapidement à cours de leur production. Mais tant pis, pour l'instant, commencer le marathon avec un film des frères Coen m'a fait du bien, et en plus de ça, il m'a conforté dans l'idée que les marathons, c'est la vie (si, si, c'est diablement vrai!).

 

Ce genre de challenge me motive, et me permet de voir les classiques du cinéma qui m'effraient le plus et que je remets toujours au lendemain. Bon, ce n'est pas le cas de Barton Fink, mais ça viendra plus tard. Pour l'instant, je commence tranquillement avec une comédie dramatique comme seuls les Coen savent le faire, avec leur humour pince-sans-rire et absurde. Ce qui est bien avec leurs scénarios, c'est qu'on peut s'attendre à tout et n'importe quoi, à n'importe quel moment. Presque tous les personnages sont instables, ils ne correspondent pas au cliché hollywoodien qui veut qu'un personnage corresponde à un état d'esprit ou un seul et unique caractère. Les Coen, eux, préfèrent les personnalités changeantes, plus proches de la vraie vie, mais qui s'en éloignent parfois diamétralement tant ils versent dans la caricature à certains moments.

 

J'ai dans l'idée que les Coen ont popularisé le cliché du producteur de cinéma gros et charismatique, mielleux avec les petits nouveaux, mais qui verse dans la colère brute et absurde dès qu'il n'a pas ce qu'il veut. Si je ne m'étais pas renseignée, je penserai que c'est un tout petit peu exagéré, mais... j'ai bien l'impression que les Coen s'inspirent de leur propre expérience, et qu'ils ont dû croiser un producteur de cinéma de cet acabit, un jour. Et qu'ils se font un plaisir de le critiquer sous couvert de l'humour. Et c'est génial, c'est jouissif. Le message n'est jamais aussi bien passé avec de l'autodérision, et je suis tellement admiratrice des Coen pour ça ! Certes, ils sont très centrés sur eux-mêmes, mais un bon scénariste s'inspire de ce qu'il connaît, n'est-ce pas ? Et eux ce qu'ils connaissent, ce sont les règles du droit d'auteur aux États-Unis, les producteurs mensongers, et... la peur de la page blanche. En gros, les Coen ont fait un film sur le manque d'inspiration. Je trouve ça tellement génial ! C'est du génie, y'a pas d'autres mots...

 

Barton Fink m'a fait penser à Ave Cesar, mais en mieux. Malgré le fait que j'ai décroché au bout d'un moment (ça arrive fréquemment devant leurs films, mais ça ne veut pas dire que je ne les admire pas), j'ai aimé presque tout dans Barton Fink : l'hôtel filmé à la Shining, Steve Buscemi et le changement de tête de John Goodman, sans oublier un John Turturro au sommet, dans un rôle principal qui semble taillé pour lui. Plus étonnant également, j'ai aimé la VF, qui pour une fois ne m'a pas donné envie de m'arracher les oreilles (J'ai particulièrement apprécié la réplique « Tu n'es pas un écrivain […], tu écris en vain »).

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