Réalisateur : Zhang-ke Jia

Sortie : 2013

Nationalité : chinois, japonais

Genre : drame

Synopsis : Dahai, mineur exaspéré par la corruption des dirigeants de son village, décide de passer à l’action. San’er, un travailleur migrant, découvre les infinies possibilités offertes par son arme à feu. Xiaoyu, hôtesse d’accueil dans un sauna, est poussée à bout par le harcèlement d’un riche client. Xiaohui passe d’un travail à un autre dans des conditions de plus en plus dégradantes.
Quatre personnages, quatre provinces, un seul et même reflet de la Chine contemporaine : celui d’une société au développement économique brutal peu à peu gangrenée par la violence. 

 

 

Le cinéma chinois. Jusque là, j'ai plutôt l'impression de voir un bon milliard de personnes enfermées dans leur propre tête. Un peu comme la population russe, la vodka en moins. A Touch of Sin est pour l'instant la seule fenêtre (que dis-je, le trou de serrure!) que j'ai sur la Chine, au niveau cinématographique. Difficile de trouver des films échappés de pays sous la dictature (ne parlons même pas de la Corée du Nord...), ou en voix de démocratisation. Et puis de toute manière, en France, le marché du film asiatique est très réduit, ce qui fait que nous n'avons que très peu de films asiatiques dans nos salles (alors que la production est massive, paradoxalement).

 

Enfin bref. A Touch of Sin. J'en ai vu le début à la télévision il y a quelques mois, mais comme je déteste regarder les films à la télé, j'ai acheté le DVD en me promettant de le voir plus tard. A Touch of Sin démarre avec un curieux mélange de plusieurs genres, de la comédie absurde au western, en passant par le drame. A Touch of Sin est un film qui se cherche, qui navigue constamment entre différents tons, et loin de diviser le long-métrage en plusieurs parties inégales, le réalisateur dresse au contraire le portrait d'un pays contrasté, où le seul point commun est la violence. (oh putain. J'ai écrit cette phrase. Pas croyable.)

 

Au travers de quatre personnages, A Touch of Sin raconte quatre histoires parallèles (qui parfois se frôlent sans jamais se rencontrer) avec un fond de critique politique, et de dénonciation de l'économie, de la corruption et de la violence de la Chine contemporaine. L'ambiance est froide, absurde, la joie y est superficielle, et les seules émotions qui transcendent les visages des acteurs apparaissent lorsque la violence pointe son pif. C'est d'ailleurs un contraste assez saisissant : celui entre les visages impassibles et inexpressifs de la culture asiatique, et l'extrême violence de leurs actes en fin de compte (arme à feu, arme blanche, sang, etc...).

 

Ma connaissance de la culture chinoise étant très limitée, je suis encore à me demander le sens du rattachement de chaque personnage à un animal. Le premier à un tigre, le second à un taureau, le troisième à un serpent, et le dernier à un poisson. Mon premier réflexe a été de faire le rapprochement avec les signes astrologiques chinois, mais j'ai vérifié, le taureau et le poisson n'y figurent pas. Je reste donc sur un point d'interrogation, mais ça ne me gène pas trop néanmoins.

 

Je suis très fan de la scène du couteau, peut-être parce que je suis moi-même une grande fan de trucs tranchants (ah ! ah ! Mais tellement pas, en vrai!). J'ai aimé la lenteur, le peu de dialogues, et l'invisibilité de la caméra. Et je crois que je vais m'arrêter là. A Touch of Sin est très bon. Allez le voir.

 

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