Réalisateur : Antonin Peretjatko

Genre : comédie

Sortie : 2016

Nationalité : français

Synopsis : Marc Châtaigne, stagiaire au Ministère de la Norme, est envoyé en Guyane pour la mise aux normes européennes du chantier GUYANEIGE : première piste de ski indoor d’Amazonie destinée à relancer le tourisme en Guyane. De mésaventure en mésaventure, on lui affuble un coéquipier. Pas de chance c’est une pin-up. Pire : elle a du caractère.

 

 

L'autre jour, j'ai essayé de voir ce film, et j'ai arrêté au passage de Marianne transporté par hélicoptère au dessus de la jungle. C'est-à-dire au tout début du film. J'ai arrêté parce que je suis presque sûre que cette séquence fait référence à une autre dans un autre film, mais... impossible de me rappeler son nom. J'ai beau avoir cherché pendant des heures... bon, si quelqu'un sait, je lui en serait extrêmement reconnaissante (edit : il s'agit de La Dolce Vita de Fellini. Merci au hasard de la chose...). M'enfin bref. Du coup j'ai repris le film peu après, sans avoir la référence, ce qui me casse les bonbons encore au moment où j'écris ça. Bref. J'ai pas eu beaucoup de mal à rentrer dans le film, dès que j'ai compris sur quel terrain on m'emmenait. Cet humour absurde m'a prise de court, il m'a fallu un certain temps d'adaptation, mais ensuite je me suis demandée s'il n'y avait pas une influence de la Nouvelle Vague derrière tout ça. J'ai eu conformation un peu plus tard en faisant des recherches, donc... voilà, j'ai eu une bonne intuition. Un point pour moi.

 

En tout cas, je trouve ça vachement cool de retrouver le Vincent Macaigne que j'ai connu la première fois que je l'ai vu en vrai, en tant que metteur en scène d'une pièce de théâtre complètement loufoque. Je le trouvais de plus en plus cantonné à des rôles de naïfs maladroits au sein de la cinématographie française, ces derniers temps, et je trouvais ça dommage. Du coup c'est bon de le revoir au milieu d'une mise en scène excentrique, où le n'importe quoi succède au n'importe quoi sans aucune logique. Il y a une bonne idée à la minute, ça fuse souvent et jamais de la manière dont on s'y attend... et puis il y a le fait que le quatrième mur soit régulièrement brisé, comme c'est souvent le cas dans un film de la Nouvelle Vague (par exemple, il y a le clin d’œil de Vimala Ponce à la caméra, ou bien cette phrase un peu plus tôt : « Ne zoomez pas ! »). C'est pour nous rappeler à notre condition de spectateur, et au fait qu'on est en train de regarder un film (où là là, c'est très profond tout ça...).

 

D'ailleurs avant que j'oublie, tout le monde semble être en pâmoison devant Vimala Ponce. Outre le fait que je croyais que son nom s'écrivait Vima Laponce (j'adore ce nom, pas vous?), je ne vois pas trop l'objet de cette pâmoison. Peut-être que c'est génétique. Peut-être que c'est parce que je porte le X au lieu du Y. Mais d'accord, j'ai beaucoup de mauvaise foi. Le fait est qu'elle a des atouts et qu'elle les montre généreusement, et j'ai du mal à séparer la performance de l’exhibition, dans ces cas-là. Et oui, j'ai du mal à voir un cul féminin au cinéma sans me demander si le réalisateur ne voulait pas assouvir un de ses fantasmes. Pour moi la plupart du temps, la nudité féminine n'est pas nécessaire. Bref, être féministe, c'est pas facile tous les jours.

 

La Loi de la jungle est un immense chaos organisé. Il a très mal été distribué en France, et c'est assez dommage. À la place, on nous fait manger du Brice 3 ou du Visiteur 3... quel humour ! C'est vraiment pas comme ça que la jeune génération de cinéphiles français vont se mettre à aimer le cinéma français. Moi en tout cas, j'ai toujours des réticences (justifiées pour la plupart), mais je sais au moins qu'il y a des pépites, et qu'il suffit juste de creuser un peu pour les trouver. Je ne perds pas espoir.

 

Je me demande si Antonin Peretjatko avait pour but de critiquer l'absurdité de l'administration et de la bureaucratie française, avec ce film. À l'évidence, oui. Mais je ne peux pas m'empêcher de penser que c'est justement trop évident. Peut-être qu'il y touche sans y toucher. Que ce n'est qu'un prétexte pour... pour quoi au juste ? Quel est le but de ce film ? Est-ce qu'il en a un ? Je me suis parfois endormie sur la conviction que non, il n'y en avait pas, ni de but ni de sens. Mais alors, pourquoi est-ce que parfois, j'avais l'impression qu'on me donnait un coup de fouet (j'aime les coups de fouet) quand, au détour d'une phrase, Vincent Macaigne glisse subrepticement que « l'extrême droite vient de quelque part » ? Allô la Terre ? Ici Laurie. Je crois qu'une partie de mon cerveau vient de se barrer sur Jupiter. L'avez-vous vu ?

 

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