Réalisatrice : Mia Hansen-Love

Genre : drame, musical

Nationalité : français

Sortie : 2014

Synopsis : Au début des années 90, la musique électronique française est en pleine effervescence. Paul, un DJ, fait ses premiers pas dans le milieu de la nuit parisienne et créé avec son meilleur ami le duo «Cheers».
Ils trouveront leur public et joueront dans les plus grands clubs de la capitale. C’est le début pour eux d’une ascension euphorique, vertigineuse, dangereuse et éphémère.
C’est aussi le parcours sentimental d’un jeune homme qui accumule les histoires d’amour et qui n’arrive pas à construire.
Eden tente de faire revivre l’euphorie des années 90 et l’histoire de la French Touch : cette génération d’artistes français qui continue de briller dans le monde entier.

 

 

Nous sommes le 20 janvier 2017. Dans mon fil d'actualité Facebook, certains médias parlent de la sortie, il y a vingt ans, du tout premier album des Daft Punk, Homework. Ça m'a donné envie de réécouter pour la cinquante millième fois leurs chansons, ce que j'ai fait pendant une partie de mon après-midi. Et puis je me suis souvenue qu'il y avait un film qui était sorti il n'y a pas si longtemps, et qui parlait des Daft Punk. Donc, en hommage à la sortie de l'album, j'ai regardé Eden le 20 janvier 2017, 20 ans jour pour jour après la sortie de Homework. Je sais, il y avait plus subtil, et certainement moins énervant comme hommage, mais... bon, voilà, c'est fait. Inutile de me blâmer pour ça. La vérité c'est que Eden n'est pas le film que j'aurais voulu voir, et je me suis énervée comme une idiote à cause de ça. Comme le souligne une critique presse, l'ouverture du film et sa conclusion sont très belles, mais entre les deux, le film souffre de longueurs.

 

Je suis une grande fan des Daft Punk. Pas seulement pour leur musique, qu'ils ont su adapter à leur époque, tout en gardant leur propre univers. Non, c'est surtout pour leurs masques. Ça m'a toujours fasciné : des masques de robot pour de la musique électronique. Putain il fallait le trouver, c'est tellement brillant ! Le problème, c'est que cet intérêt que je porte aux Daft Punk, il m'a desservit dans le film. Ou peut-être que la faute ne vient pas de moi, et qu'en fait c'est Hansen-Love qui, en voulant mettre le groupe en référence dans le film, a oblitéré tout le reste à cause de ça. Je m'explique : voilà comment je vois les choses. La réalisatrice a voulu retracer les origines de la French Touch, à travers une fiction, elle-même inspirée de l'histoire de son frère. Soit. Ça aurait pu s'arrêter là, être un film avec peu de (voir sans) repères historiques, et se contenter d'être un long-métrage d'ambiance (par là, j'entends que le but serait de retranscrire l'ambiance de la génération de la French Touch, à travers la musique et la mise en scène). C'est ce que Mia Hansen-Love tente de faire, j'ai l'impression. Sauf que dans son film, il y a un gros scarabée qui anéantit tout effort de concentration sur cette ambiance. Et ce scarabée, c'est les Daft Punk.

 

Ils ne sont pas méchants, et ils ne sont pas souvent là, mais ils apparaissent trop souvent en arrière plan, ce qui mine le premier plan. Autrement dit, c'est comme si c'était un concert de Kyo, avec Bob Dylan à la guitare : c'est frustrant, parce que malgré toute ma bonne volonté, je n'en avais rien à battre de Kyo. Je voulais voir Bob Dylan. Un point c'est tout.

Du coup, avec le recul, on se rend compte que cet ajout fait sens dans l'histoire, parce que le personnage principal (Paul, joué par Félix de Givry) est toujours dans l'ombre des Daft Punk, du coup avoir l'attention focalisée sur le second plan, c'est assez logique (et déprimant pour Paul). Oui mais... la première impression est tenace. Je reste convaincue que l'apport des Daft Punk a desservi le film.

 

Une des choses que je peux reconnaître à Eden, c'est son casting : avec Vincent Lacoste, Vincent Macaigne et Golshifteh Farahani dans les rangs, il y avait de quoi me séduire. Du coup, tous ces bons acteurs ont marqué une réelle différence avec le seul et unique film de Mia Hansen-Love que j'avais vu (Un Amour de jeunesse, mes yeux et mes oreilles saignent encore...). Je dois aussi lui reconnaître une première partie légère, et à l'image que je me faisais de la French Touch, avec de la joie et de la fête, des sourires et de la bonne musique. Il y a quelques moments de grâce dans ce film... cela étant dit, ils sont rares et souvent mal amenés par le montage. Du coup, soit c'est trop long, soit c'est trop court, mais dans tous les cas, j'ai eu l'impression qu'Eden respirait avec un seul poumon. Mais il y a aussi le scénario qui est bancal, à mon avis : choisir de repasser toute la French Touch de 1992 à 2013, avec des ellipses de trois à six ans entre les deux... je ne pense pas que c'était le choix le plus optimal ni le plus pertinent. Eden est décousu à cause de ça. Bref, beaucoup trop de défauts dans la réalisation et dans le scénario, peu d'originalité... ce film est à mille lieu de celui que j'aurai aimé voir.

 

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