Réalisateur : Richard Kelly

Sortie : 2002

Genre : thriller, drame

Nationalité : américain

Synopsis : Donnie Darko est un adolescent de seize ans pas comme les autres. Intelligent et doté d'une grande imagination, il a pour ami Frank, une créature que lui seul peut voir et entendre.
Lorsque Donnie survit par miracle à un accident, Frank lui propose un étrange marché. La fin du monde approche et ce dernier doit accomplir sa destinée. Des événements bizarres surviennent dans la petite ville tranquille, mais Donnie sait que derrière tout cela se cachent d'inavouables secrets. Frank l'aidera à les mettre à jour, semant ainsi le trouble au sein de la communauté.

 

 

Je suis étonnée. Je ne m'attendais pas à quelque chose d'aussi... énigmatique. Mais ne comptez pas sur moi pour tenter de déchiffrer le puzzle qu'est Donnie Darko. Moi, les films à interprétation ouverte, je préfère croire que chacun a sa petite idée et que toutes sont correctes. Je n'aime pas trop l'idée qu'il n'y ait qu'une seule et unique interprétation universelle de ce film. Ça impliquerait qu'il soit figé dans le marbre, et que personne ne peut trouver de solution alternative à la fin. Il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir dans un film, c'est une source d'information inépuisable. Et en plus de ça, le réalisateur avait prévu une version longue qui selon lui, s'attardait d'avantage sur les hallucinations de Donnie. Je considère donc que je n'ai pas toutes les cartes en main pour proposer une solution à la fin de Donnie Darko. Je ne vais pas m'y tenter. D'autres le fond bien mieux que moi de toute façon.

 

Pour commencer, l'ambiance m'a immédiatement plu. C'est assez sombre (on parle de schizophrénie, là, c'est pas très joyeux) mais je suis toujours étonnée par les idées de mise en scène (la sortie de bus filmée à 45°, par exemple) pour illustrer l'instabilité mentale de Donnie. Bien sûr, il y a la formidable interprétation de Jake Gyllenhaal. Sans lui, le film ne serait tout simplement pas le même. Ce rôle ne m'apprend pas grand chose sur ses capacités à jouer des personnages complexes (Night Call). Il me confirme juste le fait qu'il a dirigé sa carrière très tôt vers ce genre de rôle, et il y en a peu qui le font (déjà de base...) avec autant de talent. Le reste du casting est impressionnant (la sœur de Jake, Maggie, et puis Drew Barrymore, Jena Malone, Seth Rogen, Patrick Swayse...) mais c'est Jake Gyllenhaal qui attire le plus l'attention. Il déchire tout. Point barre.

 

Cependant, il y a un tout petit truc qui me chiffonne dans le scénario : Donnie est présenté comme un personnage souffrant de schizophrénie, donc malade. Or, il est le seul à se positionner contre un discours lobotomisant sur la bonne conduite et la « ligne de vie ». En étant malade, il est le seul à se dresser contre l'absurdité de son monde : faut-il être un peu fou pour se dresser contre quelque chose d'absurde ? Ne peut-on pas être sain d'esprit pour envoyer balader les lobotomiseurs ? En fait, tout bien réfléchi, je ne sais pas trop quoi en penser. Donnie Darko est un film complexe. Il mélange les genres en passant du comique au thriller, et de l'horreur au drame familial en un quart de seconde.

 

Donnie Darko est, je l'ai déjà dit, un film complexe, avec plein de trucs pas clairs. C'est un film étrange avec une histoire de voyage dans le temps métaphysique, et de la schizophrénie. Je ne cherche pas vraiment à comprendre les films compliqués. Je suis sûre qu'il serait intéressant de l'analyser plus en profondeur (notamment en parallèle avec l'expérience et la vie de Richard Kelly, car je suis convaincue que certains morceaux du film peuvent s'expliquer comme cela), mais pour l'instant je me contente de ce qu'il est sans vraiment chercher à tout comprendre. J'accepte le fait qu'il y a des choses qui m'échappent, je l'avais déjà accepté avant même que le film ne démarre. C'est le genre de film en patchwork impossible à comprendre dans sa totalité. Et ça me va très bien.

 

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