Réalisateur : Sang-Ho Yeon

Genre : action, épouvante-horreur, thriller

Nationalité : sud-coréen

Sortie : 2016

Synopsis : Un virus inconnu se répand en Corée du Sud, l'état d'urgence est décrété. Les passagers du train KTX se livrent à une lutte sans merci afin de survivre jusqu'à Busan, l'unique ville où ils seront en sécurité...

 

J'ai vu ce film le 31 décembre 2016, histoire de finir l'année sur une note positive. À vrai dire, j'avais vraiment l'impression d'avoir manqué un truc lorsque ce film est sorti au cinéma, c'était donc l'occasion de rattraper une erreur, avant que l'année ne se termine. Le festival de Cannes en avait parlé, de ce blockbuster de zombies filmé comme un blockbuster américain... à ceci près qu'il est sud-coréen. Je me demande si ce film aurait bénéficié de la même aura s'il avait été américain. Quoi que, je prends peut-être le problème dans le mauvais sens : les films asiatiques sont très peu à trouver un distributeur en France, comparé à leur production annuelle, et c'est bien dommage. Du coup, c'est bien que le festival de Cannes offre un peu de visibilité à ce genre de film.

 

En fait, vraiment, la seule chose que je peux reprocher au film de Sang-Ho Yeon, c'est d'avoir une mise en scène classique. Mais même ça, je me sens obligée de le modérer, d'une part parce qu'il y a moins de gros sabots comme on a l'habitude de voir (par exemple, il alterne avec des moments tendres, très doux, filmés très calmement, ce qui contraste avec les visions apocalyptiques sans que ça soit décalé, ridicule ou quoi que ce soit d'autre). D'autre part, son film est tout simplement d'une efficacité redoutable. Bien sûr, il faut être près à regarder un film de zombies, mais à part ça, on ne décolle pas du siège de toute la séance. Le rythme du film est diablement efficace. Il y a les travellings, les ralentis et les accélérés, le jeu des acteurs (zombies), et puis plein d'autres choses qui donnent sans arrêt une tension à l'histoire. Par exemple, il y a ce passage dans le train, où les survivants comprennent que les zombies sont aveugles lorsque le véhicule passe dans un tunnel. Ils profitent donc de l'obscurité pour se déplacer, mais lentement, pour ne pas faire de bruit et les attirer vers eux. Et le film est truffé de moments d'extrême tension comme celui-ci. Ajoutons à cela une certaine tendance qu'ont les survivants à mettre trois heures pour faire le moindre mouvement (même dans l'urgence), et je ne donne pas cher de vos nerfs.

 

Les films de zombies, à la base, sont des films qui critiquent certaines habitudes ou défauts de la société actuelle. Ici, il s'agit de montrer du doigt la peur des gens et l'extrême dans lequel ils peuvent aller pour sauver leur peau ; et le capitalisme. Le premier est assez évident pour un film de zombie, le second un peu moins. Ça a d'ailleurs été une surprise lors d'une scène où l'on apprend que l'épidémie a commencé à cause de la bourse (c'est plus compliqué que ça, mais résumé, c'est ça) et des gens payés pour faire toujours plus de profil. En fait, maintenant que j'y pense, le Dernier train pour Busan me semble être le film que j'aurais voulu voir à la place de World War Z. Ouais, définitivement.

 

J'ai aimé les touches d'humour (la sonnerie de téléphone du futur papa), j'ai aimé les moments épiques, j'ai aimé les personnages travaillés individuellement, j'ai aimé le fait qu'ils se servent d'Internet et des écrans pour obtenir des infos et à terme, survivre. Et plus encore, j'ai aimé le thème de la paternité qui infuse dans tout le récit. Je n'en ai pas beaucoup parlé, parce qu'il y a tellement d'autres trucs marquants dans ce film, mais... ça apporte un vrai plus, une vraie profondeur à l'histoire, et c'est pas négligeable. Voilà, après je n'ai rien d'autre à dire, à part que le Dernier train pour Busan m'a fait pensé, par association d'idées, au film sud-coréen The Snowpiercer.

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